
Plutôt que de dire le réel, les cartes le dessinent, le découpent, le sélectionnent. Derrière
chaque ligne, chaque nom de rue, chaque frontière : un pouvoir s’exerce. Classer un
territoire, c’est déjà décider qui compte, qui reste, qui disparaît.
En cela, les cartes ne sont jamais neutres. Elles cadrent le monde depuis un point de vue.
Elles légitiment des présences et effacent des vécus. Occultant que le territoire est aussi une histoire, une mémoire, une émotion.
Ce que les cartes urbaines appellent « zones », « quartiers prioritaires », « secteurs à
rénover » – nous voulons les penser autrement. Car dans les interstices du pouvoir
cartographique, il y a des vies.
Ce programme ne s’intéresse pas seulement à la géographie. Il explore les façons de
représenter l’espace – et de s’en émanciper.

Samedi 23 mai à 18h : Débat
(Re)dessiner la ville
Qui décide de l’espace ? Qui y habite ?
Les cartes ne sont pas innocentes. Les plans d’aménagement non plus. Derrière chaque trait tracé sur un schéma directeur, chaque périmètre redéfini, chaque quartier « revitalisé » ou « densifié », il y a des choix politiques et des vies qui s’en trouvent recomposées, déplacées, et parfois invisibilisées. Qui dessine la ville, pour qui, et selon quelles logiques ?
La ville est le produit de rapports de pouvoir inscrits dans la pierre, dans les zonages ou
dans les noms de rues. Que se cache-t-il derrière le « renouveau urbain » et chaque plan
d’aménagement ? À Bruxelles comme ailleurs, ces logiques ont des noms : gentrification, bruxellisation, spéculation, ségrégation. Elles tracent parfois des frontières symboliques et réelles entre ceux qui ont le droit de rester et ceux qu’on pousse vers la périphérie.
Une carte, un plan, un schéma directeur : peut-on parler d’outils neutres ? Que cachent-ils,
que rendent-ils invisibles ? Comment les frontières administratives (titre de séjour,
domiciliation, droit au logement) se superposent-elles aux frontières spatiales de la ville, et
qui a le droit d’habiter ? Que nous apprennent les contre-cartographies et les cartographies
sensibles produites par les habitant·es eux-mêmes ? Et quelle place reste-t-il pour la
démocratie urbaine réelle dans des villes de plus en plus soumises aux logiques de
marché ?

Dimanche 24 mai à 12h30 : Battle hip-hop
Detours Cyphers Battle
Detours est un festival à la croisée de la danse hip hop et contemporaine, mettant en avant
l’énergie urbaine et la cohésion sociale. C’est un véritable laboratoire artistique et social
favorisant le dialogue entre différentes communautés et identités.
Pour cette édition, le festival propose un battle 2 vs 2 qui met en avant des équipes
composés d’un maître et de son élève. Cet événement promet de rassembler des danseurs
et danseuses de tous âges, célébrant ainsi la diversité des styles et des mouvements.
Chaque été, des artistes belges et internationaux transforment Bruxelles en une scène
ouverte et inclusive, invitant le public à participer à des événements variés comme
les Detours Cyphers, les soirées Work In Progress, les Soirées Créations, l’Urban Dance
Caravan, la grande finale au TNWB et les Detours Quartiers.

Dimanche 24 mai à 16h30 : Conférence – spectacle
De la morue ? (Atlas de l’anthropocène)
De et avec Frédéric Ferrer
De la morue et des questions vraiment très intéressantes qu’elle pose pour la
compréhension de tout un tas de choses du monde d’aujourd’hui (pêche, prédation, sexe,
amnésie et pouvoirs en Occident)
On connaît l’histoire. La morue a façonné pendant plus de 5 siècles les paysages et la vie
des êtres humains, alimenté un commerce triangulaire puissant, lancé l’économie-monde,
fondé le libéralisme, permis l’indépendance et la montée en puissance des Etats-Unis et
nourri les esprits et les ventres de millions d’êtres humains sur tous les continents. Mais la
morue était trop belle… et fut victime de son succès. Ce poisson, emblématique de la folie
destructrice de l’espèce humaine, est parti. La morue n’est plus là. Et maintenant les
humains l’attendent… et désespèrent de son retour… Mais une morue peut-elle revenir ?
La question est évidemment essentielle.
Programme complet et plus d’infos sur : https://le-varietes.be/agenda/
