« La Cascade aux miroirs », un environnement saturé

Titre : La Cascade aux miroirs
Auteur : André Bucher
Editions : Le Mot et le Reste
Date de parution : 7 janvier 2021
Genre : Roman, Nature-Writing

Paru dans un premier temps en 2009 aux éditions Denoël, La Cascade aux miroirs d’André Bucher ressort en ce mois de janvier dans une nouvelle édition, chez Le mot et le reste. Auteur proche de la nature, il utilise sa plume pour nous faire ressentir toute la beauté et la violence de celle-ci, quitte à nous en saturer.

24 juin 2004. Sur la jetée des Saintes-Maries-de-la-Mer se profile la silhouette d’un homme, minuscule. Autrefois nommé Sam Démon, chauffeur de car et pompier volontaire, il a toujours vécu avec sa mère Élise au bord d’une étrange cascade entourée de miroirs, surplombant le village des Eaux-Maigres, dans le Jabron, mais c’était avant le gigantesque incendie qui a éclaté en 2002, aux abords de la petite ferme maternelle. Sur un coup de tête, Sam a usurpé l’identité d’un jeune ornithologue qu’il venait d’échouer à sauver. Mort pour tous, il a cru embarquer pour une vie nouvelle qui se révèle bientôt fantomatique, hantée par les délires d’Élise, créature à l’amour tentaculaire.

Partant d’une excellente idée, l’usurpation d’identité et ses conséquences, l’auteur perd rapidement le fil conducteur de l’histoire pour se concentrer sur les délires de la mère de Sam et ses tentatives pour faire ressurgir une source tarie. Le lecteur voudrait suivre le parcours de Sam et sa quête d’identité face à une mère que la raison a abandonnée depuis de nombreuses années, mais se trouve à chaque fois rattrapé par les élucubrations d’Elise et sa foi animiste. André Bucher est certes un passionné qui tente de célébrer la beauté de la nature mais à force de surcharger son récit de description et de réflexions quasi mystiques, il fait perdre aux lecteurs le fil de l’histoire et les détourne du roman.

Au final, La Cascade aux miroirs s’adresse à ceux qui raffolent de métaphores anthropomorphes sur la nature et de mysticisme et aux amateurs de bons mots qui n’ont pas peur de relire plusieurs fois certains passages pour en retirer tout le sens. Les autres se trouveront décontenancés par l’écriture laborieuse et le manque de fil conducteur. Un livre qui n’est pas à conseiller à tous donc.

A propos Vincent Penninckx 228 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine