J’me sens pas belle au TTO

De Martine Fontaine et Bernard Jeanjean, mise en scène de Miriam Youssef, avec Julie Duroisin et Pierre Poucet

Du 21 janvier au 14 février 2016 à 20h15 au Théâtre de la Toison d’Or

Encore une fois, le TTO nous surprend avec sa dernière pièce J’me sens pas belle écrit par Martine Fontaine Jeanjean et Bernard Jeanjean. En scène, deux “vingtenaire + 10” qui cherchent une étreinte… ou l’amour ?

Dans un décor féminin et acidulé, Fanny, trentenaire célibattante, invite son collègue Paul à diner. Sur scène, un petit appartement haut en couleur. Elle, habillée d’une robe style 50’s aux couleurs flamboyantes, lui habillé en bleu dans un style classique qui tranche avec cet univers féminin très saturé de couleurs chaudes. L’originalité esthétique colle à celle d’Almodovar, riche en motifs et en sensualité, en somme, pétillante de vie. La musique, elle, se prête aussi à cet univers chaud et cosy et c’est sans compter cette petite dédicace à Audrey Hepburn avec Breakfast at Tiffany’s et la mélodie de Moon River. Le ukulélé de Fanny rappelle la guitare de Holly jouant l’air dans la célèbre séquence du film. Fanny, d’une voix douce emprunté d’humour et de poésie parvient à mettre les mots sur les choses : le célibat à 30 ans, c’est quoi ?

Ce qui ramène inlassablement à la condition féminine. Ou à la condition des trentenaires tout court. Et si l’on ne désire pas d’enfant ? Et si le mariage n’était pas une fin en soi ? Pourquoi est-ce considéré comme une tare d’être célibataire à la trentaine ? Et le premier soir, avec ou sans lumière ? Le/la laisser voir tout nos défauts, tel(le) que l’on est ou non ? Avec humour et finesse, Julie Duroisin et Pierre Poucet nous emmènent dans la vie de tous les jours des trentenaires d’aujourd’hui.

Le duel féminin/masculin prend une certaine place au cœur de ces répliques énergiques. Qui doit prendre les devants ? Dans cette comédie romantique aux aspects de bonbons, ce duo Fanny/Paul se tâte, s’intimide, cherche à se séduire. Avec maladresse et timidité, ferveur et fantaisie, ces personnages attendrissants rappellent le quotidien des amis, des collègues mais sans aucun doute, le notre.

Malgré le fait que quelques scènes auraient pu être raccourcis, ces répliques à l’humour léger et frais ne vous décevront pas. Pleine de surprises et hilarant du début à la fin, cette pièce semble rendre le quotidien des célibattants un peu plus coloré.

Raphaëlle McAngus
A propos Raphaëlle McAngus 49 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.