Innocent Witness, la société face à ses préjugés

Innocent Witness
de Lee Han
Comédie dramatique
Présenté dans le cadre du Korean Film Festival Brussels 2020

Présenté dans le cadre du 8ème Festival du Film Coréen de Bruxelles, Innocent Witness, du réalisateur sud-coréen Lee Han, est un film qui mêle habillement plusieurs thématiques à savoir la perception de l’autisme dans la société ainsi que le difficile équilibre entre morale et business, le tout habillé dans un film de procès qui s’écarte heureusement des standards américains.

L’avocat Soon-Ho doit défendre une femme suspectée de meurtre. Alors qu’il fait des recherches sur l’affaire, il rencontre la jeune Ji-Woo, seul témoin des faits et autiste. Sera-t-il établir un lien avec elle pour la faire témoigner devant un jury ?

Un regard sur l’autisme

Si l’intrigue du film est assez mince et que l’on se soucie assez peu de savoir qui est coupable ou innocent, le véritable attrait du film est sa manière de parler de l’autisme, de façon sensible et en ne forçant pas sur l’utilisation des préjugés pour arracher des émotions aux spectateurs. Car à travers la thématique de l’autisme, le réalisateur nous interroge non seulement sur notre humanité et le droit à la différence, mais également, et c’est une des clés de l’intrigue, sur l’acceptation par la société du fait que chacun puisse percevoir et communiquer les choses à sa manière, sans qu’une vision des choses soit nécessairement meilleure qu’une autre. D’autre part, et c’est un thème de plus en plus abordé dans le cinéma coréen, le réalisateur évoque également la difficile question de ce qui est moral et de l’équilibre entre une vision mercantile de la société et une autre, plus empreinte de grands idéaux.

Chacun jugera si le scénario est naïf et parsemé de trop de bons sentiments, néanmoins, aborder ces thématiques de manière positive ne devrait pas déplaire à la majorité des spectateurs. En effet, Innocent Witness est un film agréable à regarder et qui ne laisse pas de côté des questions essentielles quant à notre tolérance à accepter la voix de ceux qui sont différents.

A propos Vincent Penninckx 207 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine