Foreign présente son opéra moderne, The symphony of the wandering Jew

The symphony of the wandering jew – part 1 de Foreign raconte l’histoire d’Ahasverus qui est maudit par Jésus et condamné à vivre éternellement. Il a refusé de l’eau à Jésus sur le chemin de la crucifixion. Il n’est pas un mythe mais juste un homme qui vit parmi nous et dont le but est sa propre vie. Il a vu tant d’endroits, tant de personnes vivantes et mortes, a tellement aimé et tué, a construit des temples et des châteaux et en a détruit tout autant.

Foreign nous raconte avec cet album la quête d’Ahasverus qui cherche la rédemption. il se sent comme l’antéchrist et combat la religion du fils prodige. Avec la jaquette de l’album, le ton est directement donné: Foreign nous embarque pour un voyage dans l’histoire pour participer à la quête d’Ahasverus.

Ahasaverus, premier morceau de l’album, sonne très oriental qui semble nous emmener dans le monde médiéval avec notamment des sonorités qui rappelle d’un le houd. Cette musique qui semble traditionnelle s’adjoint d’une musique de fond plus moderne et un peu electro. Nous imaginons très bien une danse au coin du feu dans un monde un peu psychédélique. Après 3 minutes environ de transe, le refrain devient beaucoup plus rythmé et flûté, avant de laisser entendre un peu de violon. Un fameux mélange nous direz-vous! Et bien aussi curieux que puissent être le mélange de sonorités, le morceau fonctionne bien. Ahsaverus termine le morceau en narrant son histoire d’une voix profonde et intense.

Pour le deuxième morceau de cet album, Cursed, nous sommes en droit de se demander la cohérence avec ce que l’on vient d’entendre. Out l’ambiance médiévale créée dans le premier morceau, bienvenue chez Mickey. Deux chanteurs entonnent chacun à leur tour leur passage avec une touche digne des comédies musicales où l’on force sur les aigus et l’intensité dramatique. La guitare électrique vient également supporter l’arrière-plan sonore du morceau et la fin devient même presque métaleuse, mais détonne avec le chant très happy end à l’américaine. Cursed mériterait peut-être pour être pleinement apprécié d’être entendu sur scène avec la mise en scène et les personnages sous nos yeux.

The Running commence avec un passage narré par Ahsaverus, très vite suivi d’une mélodie au violon très bien construite et ponctuée par des chants de choeur assez « déterminés » clamant sanctus dominus sur fond de guitare électrique. Retour ensuite du chant-complainte avec intensité du personnage dans sa quête.

On l’aura compris, Foreign joue sur la diversité et la mixité des sonorités et influences musicales. Un peu mélange un peu atypique mais qui signe clairement leur carte de visite. Ce type de morceaux devraient plutôt être entendus et vus sur scène plutôt qu’en écoute CD, bien que les morceaux de The symphony laissent directement sa place à l’imagination. A l’écoute, il se ressent comme un manque, un trop peu pour être écouté seul et un petit quelque chose de trop pour ne pas être aidé de la mise en scène.

Eternal ennemies commence en force avec les tambours qui grondent et la tension qui monte, très vite rejoints par la guitare électrique et la batterie. Encore une fois, nous pouvons remarquer pour ce morceau les interventions des différents personnages organisées en vraie comédie musicale. Le résultat, bien que tenant la route, a dû mal de convaincre sur CD, l’ensemble étant trop hétéroclite mais donnerait très bien en spectacle. Un très beau passage au piano est à relever pour ce morceau.

Eternity part I rappelle les musiques pour automates un peu vieillots et poussiéreux tournant sans fin au milieu d’une scène désertée. Idéal pour un intermède musicale dans une pièce.

Quant à Xuangzang, nous avançons avec Ahasaverus dans sa quête et touchons à l’Asie, aux flûtes de bambous et à la harpe, laissant toute sa place à la méditation.

Les morceaux durent au minimum 5 minutes et nous transportent réellement dans un univers où se déroule la quête d’Ahasaverus. L’ensemble est très hétéroclite musicalement et manque peut-être d’homogénéité, mais correspond au projet d’Ivan Jacquin, à la base de cette oeuvre, de monter un opéra rock-métal d’un autre genre. Il a rassemblé autour de lui des musiciens d’univers différents et varié les styles des morceaux: classique, rock, métal, folk, médiéval, électro, ou encore celtique.  Les musiciens de Foreign sont, en tout cas, de très bon musiciens, mais le potentiel de The Symphony of the wandering jew doit surtout se révéler sur scène avec la mise en scène, les décors et la narration en directe de l’histoire avec la matière d’un réel spectacle.

Déborah Lo Mauro
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