FM Laeti nous présente son nouvel album

 

FM Laeti nous présente son nouvel album, For the music, lors d’une interview. Rencontre avec une artiste aux styles et influences multiples.

 

Le Suricate Magazine: Vous avez très tôt été initiée à la musique. Comment définiriez-vous vos influences ou les périodes de votre vie qui restent les plus déterminantes pour votre style musical ?

FM Laeti: Il y a tout le temps eu de la musique dans ma vie, depuis que je suis bébé ! J’ai donc bien sûr été influencée par ce qu’écoutaient mes parents. S’il fallait catégoriser et définir des styles en particulier, il y avait la musique créole, le zouk, beaucoup de jazz, de pop et de soul.

Plus tard, il y a eu l’influence musicale de mon beau-père avec le classique et la musique africaine notamment. Mais également le rock, le folk, le hip hop et le RnB.  Toutes ces années ont été importantes pour définir mon style musical, inconsciemment et consciemment. Au final, je fais plutôt un mélange de style dans ma propre musique.

 

Vous avez beaucoup voyagé.  Quelle incidence positive ou négative cela a-t-il eu sur la formation de votre personnalité artistique ? Que retirez-vous de ce contact avec d’autres cultures ?

Je me sens française, guadeloupéenne et canadienne. La musique a toujours été présente durant ces voyages ou ces périodes de vie à l’étranger. Que ce soit avec la famille ou les amis. C’est encore le cas actuellement, nous nous faisons découvrir des choses.

Inconsciemment, il y a des influences qui viennent prendre leur place. Consciemment, le travail de création démarre d’une influence. Une mélodie nous fait penser à quelque chose, on la transforme en faisant référence à autre chose et c’est comme ça que cela nait et devient un morceau.

A 17 ans, vous avez vécu à Chicago, où vous faisiez des études d’art et de théâtre. C’est à cette époque que vous avez écrit vos premières compositions. Si l’on revient sur ces textes, quel regard portez-vous dessus aujourd’hui ? Les avez-vous utilisés pour un album, un single ou un EP ?

J’écrivais sur mon temps de midi. C’était un exutoire, par rapport aux choses ressenties ou observées. J’avais besoin de libérer certaines choses,  et cela s’est fait par des petits bouts de textes. Plus tard, en revenant à Paris, je suis repartie sur de nouveaux textes. Mes premières compositions ne se trouvent donc pas sur le premier album. C’était mes premiers pas, j’aimais ça et cela m’a permis de me rendre compte que je savais le faire, de me rassurer.

Par la suite, j’ai eu besoin de revenir d’abord à la musique et d’accepter ma voix. Après, je suis revenue à la composition.

Que signifie «le besoin d’accepter ma voix »?

A mon retour en France, la musique me manquait. J’avais joué en situation de groupe, dans des comédies musicales, mais pas en solo. J’ai été à bonne école en interprétant du jazz et les standards. Mais je n’acceptais pas forcément ma voix, j’étais timide et j’avais peur de ma propre voix.

C’est alors qu’on m’a donné un conseil : « accepter ma voix pour qu’elle grandisse ». J’ai donc commencé en solo. Je faisais partie d’un quartet de jazz, ce qui me permettait de travailler ma voix tous les jours. La musique a pris de plus en plus de place dans ma vie. Après le premier album, j’ai tout de même continué à bosser à côté, j’étais assez prudente au début.

Vous avez rencontré en 2009 François-Marie. Le nom du groupe FM Laeti découle-t-il de la volonté de former un véritable duo de composition?

Au départ, on avait plusieurs noms. FM Laeti a été mis sur l’album finalement car on se complétait plutôt bien. Musicalement, on est engagé et lié ensemble. Tous les morceaux sont écrits ensemble, on va en studio ensemble, on est aussi sur scène ensemble. Il est plus dans l’ombre car il a moins envie de tout le stress qui gravite autour, il veut purement faire de la musique. C’est un peu un chef d’orchestre pour tout préparer et orchestrer. C’est un duo assez fusionnel mais qui marche bien.

Cette rencontre avec FM a-t-elle été décisive ? Dans quel sens a-t-elle influencé votre carrière et votre style ?

Dès que la rencontre a eu lieu, on eu tous les deux un coup de cœur musical. On a très vite échangé nos idées et des morceaux sont sortis de cet échange. Cela représente ce que l’un et l’autre recherchait. On est passé un an après en studio.

Il me comprend et me soutient. On a des influences similaires et différentes. Avant, mes compositions étaient beaucoup plus jazz et new soul. François-Marie est plus pop et moi plus sombre. Il m’a appris à faire des contrastes avec des paroles assez tristes sur une balade en majeur, que cela peut être solaire et exutoire.

Pour votre nouvel album, vous vous êtes isolée à deux reprises avec François-Marie et Pierre-Marie, en commençant le travail de composition seule, qui a ensuite été suivi d’une véritable improvisation et création à trois. Pouvez-vous nous expliquer comment s’est déroulé le développement de l’album et comment viennent à naitre les morceaux ?

Pour le premier album, chacun est venu avec des compositions. On a écrit moins de morceaux ensemble. Dès qu’on a eu assez de morceaux, on est entré en studio.

Pour le deuxième album, on a beaucoup travaillé avec l’improvisation. J’avais des bouts de texte et lui aussi. Le challenge a été d’écrire des morceaux plus rapides car on a une facilité pour les balades. On a enregistré les impros. On avait plein de morceaux ! D’une trentaine, on en a choisi 20 à retravailler et 12 se trouvent sur l’album. On est parti d’un texte ou d’un rythme. On a ensuite tout réécouté. On avait comme ça des petits squelettes de morceaux.

Pierre-Marie, qui s’est joint à l’équipe, a été pour cela un bon guide. Il a posé la base et nous a aidé à construire. Il a une vision de producteur et il nous connait bien, donc l’alliage des deux a permis de nous faire avancer.

Lors de l’enregistrement, on change l’ordre des couplets, des mots. On change même carrément des phrases. Cela grandit tout le temps, même dans les mix, le morceau se déconstruit et se reconstruit. Il y avait pratiquement toute la matière dans les premières improvisations.

Le premier album était qualifié de soul, folk et acoustique, tandis que ce deuxième album est plutôt pop, coloré et orchestral. Qu’est-ce qui explique cette prise de direction ? Découle-t-elle de nouvelles influences ou rencontres ou du hasard des créations ?

On a voulu sortir de notre bulle de confort et on avait envie d’essayer tout ce qui nous venait à l’esprit. On a voulu écrire des histoires, à partir de personnages inventés ou de lecture d’articles. C’était assez créatif et divers.

Pour Wanna dance par exemple, j’avais vraiment envie d’un truc beat. Que ça me fasse penser à Whitney Houston ou Cindy Lauper. Pour You find me, j’avais les textes depuis longtemps et François-Marie m’a donné la mélodie du refrain. Pour le couplet, Pierre-Marie a proposé de parler, de susurrer pour sentir l’intimité. Et puis tout pète à la fin, avec chorale et guitare !

C’est un peu un jeu de Ping pong, où chacun se donne la balle et fait avancer le morceau.

Vous avez une tournée imminente, y-a-t-il un souvenir de scène qui vous a marqué ?

Ma première scène, c’était avant le premier album. Je participais à un quartet et trio de jazz. J’avais peur, je m’excusais d’être là. Je faisais aussi du jam tous les jeudis, avec un public qui revenait. Cela m’a aidé à grandir, grâce à leurs critiques assez constructives. C’était un peu mon deuxième chez moi, qui me faisait progresser.

Pour une artiste signée, c’est différent. Il y a une équipe autour. On a le sentiment de devoir tout prouver à son équipe. Maintenant, c’est autre chose. J’ai l’impression que l’équipe est là pour me soutenir. Ma première scène après le premier album, c’était une première partie, en guitare-voix à l’Olympia, assez dingue en somme ! C’était pas mal comme expérience.

Maintenant être sur scène est devenu une véritable envie. C’est le transfert de l’album enregistré à la scène. C’est de plus en plus confortable au fur et mesure de la tournée. Une fois qu’on est rodé, on se lâche plus sur scène .

Quels sont les meilleurs moments dans la création d’un album, des premières notes griffonnées aux derniers concerts ?

Parfois, on écrit un morceau et ça coule, c’est rapide. D’autres fois, on écrit un morceau mais on doit le laisser de coté et y revenir plus tard. C’est ça qui est chouette !

Les festivals d’été également sont sympas. On joue dehors, au soleil, les gens sont contents d’être là en plein air. Il y a une autre ambiance.

Par contre, j’ai une pression en plus sur les dates parisiennes, car il y a la presse qui nous attend au tournant pour voir ce que vaut le deuxième album.

Quels sont les projets pour le futur ? Avez-vous déjà planifié une nouvelle phase d’isolement après la tournée ? Avez-vous des morceaux laissés de côté pour un prochain album ?

C’est parfois dur d’écrire sur la route. Ici, j’ai envie de le faire et de voir ce qu’il en ressort. Je vais donc commencer à écrire maintenant, pendant la promo du deuxième album.

 

On en arrive à la fin de cet interview. Merci beaucoup et nous ne manquerons pas de venir vous voir sur scène lors d’un futur passage à Bruxelles.

 

http://www.fmlaeti.com/?lang=fr

 

Déborah Lo Mauro
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Journaliste

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