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    En terrain connu : divine comédie, drame de l’ordinaire

    Entre terrain connu et terre inconnue, la nuance est subtile. En retournant dans son Italie natale, Elisa Sartori se confronte à un étrange sentiment, celui de ne plus tout à fait appartenir à l’environnement qui l’a vu grandir. Aujourd’hui, sa vie est à Bruxelles. Se pose alors une question : qu’appelle-t-on « être chez soi » ? On ne peut se défaire de ses racines. Mais le sentiment d’appartenance peut aussi naître d’un geste aussi simple que celui de faire pousser une plante sur son balcon. Comme le dit Elisa Sartori : « Le paradis, c’est de revenir à la maison, celle de son enfance ou celle d’aujourd’hui ».

    Si le Paradis est présent dans En terrain connu, c’est principalement en relation avec l’enfer et le purgatoire. Dante, comme une figure symbolique, accompagne Elisa Sartori dans ses retrouvailles. Mais surtout, il l’accompagne dans les silences que la distance fait naître. Il lui montre que certaines choses ne changent pas et que d’autres vieillissent. La figure de Dante n’est pas pour autant perçue comme péjorative. De la même manière que le voyage d’Elisa Sartori n’est pas infernal. Il est juste à l’image de la vie, traversé par des sentiments contraires et complexes.

    À cheval entre l’album et le livre, En terrain connu s’inscrit parfaitement dans la ligne éditoriale que défend CotCotCot : une ligne éditoriale qui n’a pas peur de s’émanciper des normes. Les illustrations à l’encre de Chine de Dina Melnikova accompagnent les mots d’Elisa Sartori. Comme dans un album jeunesse, les textes sont courts et les images s’affirment. Et pourtant, le sujet n’est pas enfantin. Il soulève des questions que peuvent se poser les personnes qui, dans leur vie, ont migré.

    En plus d’avoir toutes les deux fréquenté les bancs de l’Académie Royale des Beaux-Arts dans la section illustration, Elisa Sartori et Dina Melkinova ont cela en commun qu’elles ont toutes les deux quitté leur pays d’origine pour s’installer à Bruxelles. Leur collaboration sur le sujet fait donc sens au vu de leur parcours. Mais aussi compte tenu de leur sensibilité. On ressent une belle alchimie entre l’univers graphique tout en délicatesse de l’illustratrice biélorusse et l’écriture franche d’Elisa Sartori. Dans le texte comme dans l’image, les deux s’attachent à représenter des détails du quotidien. Une étreinte. Le motif d’une nappe. Une table sur le point d’être débarrassée. Ce sont tous ces gestes auxquels on ne prête pas attention, mais qui ont de l’importance, que dessinent les deux autrices dans cet album où se rencontrent les habitudes de l’enfance et les besoins de l’adulte.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Titre : En terrain connuTexte : Elisa SartoriDessin : Dina MelkinovaÉditeur : CotCotCotDate de parution : 16 juin 2026Genre : Livre illustré Entre terrain connu et terre inconnue, la nuance est subtile. En retournant dans son Italie natale, Elisa Sartori se confronte à un étrange sentiment, celui de ne plus...En terrain connu : divine comédie, drame de l'ordinaire