Conférence de Michelangelo Pistoletto au BOZAR

Ce jeudi 30 octobre se tenait au sein du Palais des Beaux-Arts, une conférence présentant les nouveaux enjeux de la fondation italienne Cittadellarte et de son bienfaiteur, l’artiste septuagénaire Michelangelo Pistoletto, reconnu depuis les années 60 pour sa position centrale au sein du mouvement Arte Povera.

La conférence s’organise en trois volets: architectural, contextuel et conceptuel. La première partie s’articule autour d’un habitat contemporain, érigé en paille, ainsi qu’autour des différentes vertus de ce matériau oublié. La seconde nous décrit le champ d’action de l’organisation qui se veut une école du changement, un laboratoire artistique polymorphe visant à exploiter la créativité comme outil de transformation du monde, un espace politique réunissant les différents acteurs de la vie sociale en une action commune et durable. Enfin, la dernière intervention introduit les travaux de l’artiste, son “troisième paradis”, un symbole de l’infini complété d’un troisième cercle et décliné en un arsenal de propositions plastiques ou performatives, ainsi que la philosophie simpliste qui en découle. D’un côté, la nature; de l’autre, l’artifice; au centre, l’équilibre à trouver.

En outre, on ne saisit pas toujours clairement ce qui semble pourtant être le fil rouge des actions entreprises: le lien entre la fondation et l’artiste. Ce dernier se pose en patriarche bienveillant, en porte drapeau et chef d’orchestre, jouant de sa notoriété pour diffuser le plaidoyer au plus grand nombre. Pourtant, d’un point de vue artistique, on reste un peu sur notre faim.
L’emblème, porté par la Cittadelarte, a été matérialisé en graphismes, gravures, installations, peinture, anamorphoses, photographies, pâtisseries, dessins, bijoux, constructions éphémères, jardins, flash mob divers et variés. Une si vaste étendue de propositions qu’une fois la conférence terminée, on garde l’image symbolique à l’esprit, en toile de fond, tel un message subliminal.

Le message, quant à lui, est appuyé par de nombreux mots valises surprenants, tentant de clarifier les idées de l’association. C’est ainsi qu’on parle de démopraxie, d’artivisme ou encore de trinamique. Pourtant, on retiendra un discours assez décousu, parfois un brin fantaisiste et mal à propos, manquant ça et là de considérations techniques pour celui qui était venu chercher des idées claires ou novatrices.

Néanmoins, si l’allocution n’est pas percutante, nous ne pouvons que saluer l’initiative engagée du groupe qui, par la pratique concrète, vise à interroger la société toute entière sur ses pratiques consuméristes et sa manière d’habiter le monde.

Katelyne Marion
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Journaliste au Suricate Magazine

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