Auteur et interprète Alexis Goslain
Mise en scène Cécile Florin
Création Lumières Valentin Boucq
Voix Off Philippe Résimont, Frédéric Nyssen, Hugo Gonzalez, Bruno Georis
Visuel Isabelle Bruneel
Du 28 avril au 2 mai 2026
Au Théâtre Le Public
Les 27 et 28 juillet 2026
Au Festival Bruxellons
Alexis Goslain est une personnalité bien connue du milieu théâtral belge, comme acteur (récemment dans Le prénom aux Théâtre des Galeries) ou comme metteur en scène (récemment pour Secret.s au Théâtre des Galeries). On le retrouve, cette fois, avec C’était mieux après, à la création d’un spectacle très personnel sur un père qui fait face à ses angoisses, à son métier et surtout à sa paternité.
Ce spectacle, naviguant entre fiction et réalité, est le résultat des écrits sur les angoisses, les peurs et les doutes, consignés depuis deux années par l’auteur, à partir du moment où il s’est rendu compte que son fils quitterait bientôt le nid familial. Pour l’histoire de ce seul en scène, Alexis Goslain prend comme fil rouge l’histoire d’un père, Adrien, qui apprend un jour que son fils, Emile, ne souhaite plus suivre les traces de son père dans le théâtre. Alors que le père a dû se battre contre des parents ne voyant pas cet art comme un métier, il est troublé par le refus de son fils de poursuivre dans cette voie. Restera-t-il un modèle pour son fils si celui-ci ne suit pas ses propres pas ? A une semaine du départ d’Emile de la maison, Adrien tente désespérément de convaincre son fils de revenir sur sa décision. Mais ces discussions vont surtout faire réfléchir Adrien sur lui-même, sur son rapport à son art qui prend une énorme place dans sa vie et celle de son fils, sur leur relation depuis quinze ans et leur vie commune une semaine sur deux, sur ses choix d’éducation.

Même si toutes ces réflexions sont fortes, le spectacle n’est pas qu’une névrose d’une heure et demie d’un acteur. Car Alexis Goslain tient le rythme pour divertir son public tout ce temps. Dès le début, il brise le quatrième mur en expliquant au public ce qu’il va voir et comment tout cela va se passer. Et les pensées et discussions avec son fils sont une porte d’entrée pour décrire de manière humoristique les expériences que le héros (et sûrement aussi Goslain) dans sa carrière théâtrale : les concours d’entrée, les cours de théâtre, la préparation d’un spectacle (et la difficulté de trouver des dates !), les répétitions, les saluts, etc. Tout cela fonctionne très bien et le public se prend vite au jeu des situations cocasses, du comique de répétition, des blagues (pourries ou plus sophistiquées, il en faut pour tous les goûts) et il est amusant d’essayer de repérer toutes les références cinématographiques qui parsèment le spectacle (avec-vous reconnue la danse d’Hugh Grant dans Love Actually ?).
Au final, C’était mieux après, est un spectacle qui réussit le pari de tenir une heure et demi sans jamais lasser, ce qui est déjà un tour de force, à mettre aussi au crédit de mise en scène dynamique de Cécile Florin. Mais c’est aussi des moments drôles et touchants entre un père et un fils qui tentent de se parler, de comprendre l’écart entre leurs deux générations. C’était mieux après est un spectacle qui n’est pas mieux avant ou après, mais un spectacle qui est mieux maintenant.
