BIFFF 2017 : England, Japan, Holland and Danemark (un groupe qualificatif de coupe du monde ?) + la célèbre The Night !

Egomaniac : les coulisses du financement du cinéma

Le cinéma de genre c’est dur, on a du mal à trouver de l’argent pour tourner et les réactions de certains producteurs nous paraissent complètement décalées. Ici, Kate Shenton nous raconte son histoire. Presque autoproduit cette mise en abîme de la course au financement d’un film est frais, sincère et hilarant. Avec un humour tout british, jonglant avec l’absurde et le burlesque, on assiste à la chasse au succès d’une réalisatrice de seconde zone qui cherche désespérément à faire produire son film d’amour entre une humaine et un zombie. Traiter comme un faux documentaire dans son style d’image, Egomaniac est un film de vengeance égocentré qui critique aussi ce besoin irrépressible de devenir “rich and famous”. Un très joli film donc d’une auteure qui, on l’espère, pourra s’exprimer avec plus de moyen dans un prochain film.


Death Note : mais c’est qui Kira bordel ?

Les amateurs de Manga connaissent sûrement la série Death Note puisque celle-ci a fait un énorme carton international. Ce qui veut donc dire que les amateurs de mangas ont sûrement été déçu par la première adaptation live de leur série favorite. Il faut dire qu’entre Dragon Ball et Attack on Titans, les adaptations ratées ne manquent pas. Si le pitch de base de Death Note laisse la porte ouverte à un film intéressant, la réalité est toute autre. Sans être foncièrement mauvaise, cette adaptation manque de rythme, d’originalité et d’authenticité. Dommage.


Small Town Killer : The Danish way to love

Selon plusieurs études, le Danemark serait le pays le plus heureux au monde. Forcément, ces études n’ont pas dû prendre en compte la propension des Danois à vouloir se débarrasser de leurs femmes via un tueur à gage pour éviter de payer le divorce. Petite perle d’humour noir et parfois (très) gras, ce Small Town Killer est le genre de film fait pour le BIFFF. Entre blagues potaches, humour convenu mais bien mis en scène et personnages atypiques, le film réussit bien son pari et nous emmène dans son univers atypique. Aussi efficace qu’une Carlsberg au final.


Prey : zij zullen hem niet temen, de fiere Hollandse leeuw !

Un lion mangeur d’homme perdu dans Amsterdam et qui prend la ville pour son casse-croûte quotidien. Voilà le scénario de Prey. On ne peut plus simple finalement. Si on se demande très vite comment ce lion fait pour ne pas être totalement défoncé vu le taux de THC présent dans la ville, cette question futile part vite en fumée (badum tsss). Cette production hollandaise explore une nouvelle fois le concept de l’animal sauvage perdu dans la ville et qui fait un joli carnage. Aussi original qu’un tube de Justin Bieber, ce Prey se laisse tout de même voir. Et puis, c’est un lion perdu dans Amsterdam merde !


Don’t Kill it : Dolph Norris

La Night, un gros slasher bien sanglant dès les premières secondes, une histoire d’exorcisme. On se croirait au paradis. Voire en enfer, ça dépend du point de vue. Et au milieu de tout ça, Dolph Lundgren qui balance des punchlines, démonte tout le monde et joue les beaux gosses bad boy. Ode aux slashers horrifiques, ce Don’t Kill It à la réalisation plutôt crade a tout de même réussit à faire notre bonheur grâce à un bon rythme de début. Malheureusement, celui-ci s’essouffle à partir d’un moment et le film connaît un gros passage à vide au milieu. Pas grave, on fera comme pour la carrière de Dolph Lundgren, on ne retiendra que le positif.


The Night Watchmen :  mais finalement il devient quoi Blimpo ?

C’est la question qui taraude tous ceux qui ont vu The Night Watchmen, les laissant insomniaques et incapables de penser à autre chose ! Mais qu’est-ce qu’il advient de Blimpo merde ? Blimpo, c’est le clown préféré des enfants. Enfin, jusqu’à ce qu’il se transforme en vampire et veuille dégommer à peu près tout le monde autour de lui aidé par sa troupe de joyeux clowns vampiriques. Et comme théâtre de ce Plus Grand Cabaret du Monde version BIFFF : la tour dans laquelle officient Ken, Lucas, Jiggetts et le petit nouveau qui va passer une bonne nuit de merde pour son bizutage. Truffé d’humour, de gags et porté par une excellente narration, ce Night Watchmen remporte haut la main le prix du meilleur film de la Night ! Un bon film comme on les aime : avec du sang qui tache, des répliques cultes et des personnages hauts en couleur. Et non, ce n’est pas (uniquement) le maitrank qui nous a fait adorer ce film !


Night of Something Strange : American Pie sous hémoglobine

Alors, autant vous prévenir tout de suite, ce Night of Something Strange est sans doute la némésis assumée des films bien-pensants. En même temps, le film traite d’un virus qui transforme les personnes en zombie et seulement transmissible par voie sexuelle. Ça vous donne des idées de la suite. Entre un cunni non désiré, une petite partie de jambe en l’air forcée ou une confusion entre sa meuf et le petit gros de la bande (ça peut arriver à tout le monde hein !) ce Night of Something Strange ne fait clairement pas dans la finesse ! En même temps, à 4h du matin au BIFFF, qui sait encore ce que c’est la finesse ?


Child Eater : il est fou Afflelou !

Cette année, votre serviteur a réussi l’exploit d’être encore pleinement réveillé à 5h du matin pour le dernier film de cette Night ! Un exploit s’il en est ! Et pourtant, mal m’en en a pris. En effet, si c’était pour mater Child Eater, j’aurais certainement préféré me taper un petit somme pour laisser Night of Something Strange jouer sur mon subconscient et me donner des rêves inattendus. Child Eater, c’est l’histoire d’une énième légende du Bogeyman qui, cette fois, mange les yeux des enfants pour soigner sa mauvaise vue. Et le bougre ferait finalement mieux d’aller voir un bon ophtalmo puisque tout au long du film, il n’arrive même pas à se farcir un enfant pour soigner sa cornée abîmée. Mais bon, il est 5h du matin et on ne va pas faire la fine bouche.

Bruno Pons et Olivier Eggermont

Olivier Eggermont
A propos Olivier Eggermont 61 Articles
Journaliste du Suricate Magazine