Aristophania tome 2: Progredientes

Scénario : Xavier Dorison
Dessin : Joel Parnotte
Éditeur : Dargaud
Sortie : 31 octobre 2019
Genre : Fantasy

Débutée en janvier, la nouvelle série de Xavier Dorison et Joel Parnotte, Aristophania, s’enrichit d’un nouveau tome, Progredientes. Après avoir lu le premier tome de cette série de fantasy à la sauce provençale, on se demandait si l’histoire allait gagner en substance. Pari en partie réussi pour nos deux prolifiques auteurs.

Basile, Victor et Calixte ont enfin retrouvé leur mère, Adèle Francoeur, mais dans un état très inquiétant. Le Roi banni l’a privée de son Azur et l’a recouverte de Calamyrhs, catalyseur puissant empêchant l’énergie de regagner son corps. L’état d’Adèle n’est cependant pas l’unique préoccupation d’Aristophania : la puissance des Calamyrhs inquiète le royaume d’Azur. Avec une telle arme en sa possession, le Roi banni pourrait aisément gagner la guerre qui se profile. La destruction de ce pouvoir devient donc essentielle et seule la Source Aurore pourrait contrecarrer ses plans et sauver la mère des enfants.

Si le premier tome faisait la part belle à la description de l’univers, le second prend une tournure plus philosophique. Le lecteur en apprend dès lors un peu plus sur le fameux azur, qui ressemble étrangement à ce que les fans de Star Wars identifient comme la force. Et même si Xavier Dorison reprend la ligne de partage entre le bien (clair) et le mal (obscur) propre à de nombreux récits, il innove en intronisant de simples artisans ou marchands comme chevaliers et reine de l’Azur.

La philosophie prônée par les chevaliers du royaume se différencie également de ce que l’on retrouve habituellement dans les récits de fantasy. En effet, ceux-ci pratiquent la pleine-conscience, professant à leurs jeunes étudiants les mérites du détachement et de l’empathie. Le propos sonne parfois quelque peu faux dans la bouche des différents protagonistes, mais Xavier Dorison a le mérite de construire un univers cohérent avec des touches de nouveautés par rapport à la littérature fantasy classique.

Au niveau graphique, le travail de Joel Parnotte est toujours d’une grande qualité et on se replonge avec plaisir dans ces merveilleux paysages provençaux.

Au final, le lecteur qui a apprécié le premier tome d’Aristophania ne sera pas déçu par ce second tome, Progredientes. Certains trouveront que la philosophie véhiculée surfe un peu trop sur les tendances actuelles, mais cela n’enlève rien au plaisir de lecture.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine