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    [Anima 2026] Angel’s egg, dans les entrailles du rêve

    Alors que Angel’s Egg sortait dans son pays d’origine en 1985, il a fallu au public francophone attendre quarante ans pour découvrir cet ovni de l’animation japonaise. Grâce à un univers visuel et sonore affirmé, ce film, chargé de symbolique, parvient pourtant à convaincre son public. À condition d’accepter l’idée qu’il ne faut pas toujours tout comprendre.

    Si Angel’s Egg laisse son empreinte dans les esprits, ce n’est pas pour sa clarté. Il serait plutôt à ranger dans la catégorie des films aussi contemplatifs que métaphoriques qui donnent envie de débattre de sa signification autour d’une crêpe. Ça tombe bien, car le festival Anima, c’est aussi ça. Des lieux de convivialité qui se prêtent au partage. Et si Angel’s Egg n’est pas un film d’une grande limpidité, il est possible d’en détacher certaines thématiques. Le rapport à la religion est partout présent, que ce soit dans les rares dialogues, dans les choix graphiques ou dans l’architecture du décor. Et même jusque dans le titre, en fait.

    Le fameux œuf de l’ange est un bien précieux que protège une enfant à l’apparence diaphane. Elle court – ou plutôt elle ondule – à travers une ville aussi sombre que la nuit. Mais quoiqu’il arrive, elle semble accorder une importance tout particulière à la conservation de son œuf. C’est dans ce contexte qu’elle fait la rencontre d’un étrange garçon dont elle ne sait pas trop si elle doit le considérer comme un allié ou comme un adversaire. Par le biais de ses personnages, Angel’s Egg nous balade à travers certains mythes fondateurs de la culture judéo-chrétienne dont on perçoit souvent mieux le sens métaphorique que narratif.

    Mais de nouveau, qu’importe si le film ne nous prend pas par la main. Ce sont les ambiances qui permettent aux spectateurs de se laisser transporter par cette proposition parfois étrange. Mamoru Oshii, qui avait aussi réalisé Ghost in the Shell, ne cache pas ses influences gothiques qui lui permettent d’affirmer une certaine forme de noirceur. Dans Angel’s Egg, se côtoient gargouilles, demeures à l’architecture surchargée, colonnades et entassement de squelettes. On pourrait presque sentir la fraîcheur de la pierre transpercer l’écran.

    La candeur de la jeune fille contrastant avec la noirceur du décor rend le tout hypnotique. Presque dépouillé de toute forme de dialogue, Angel’s Egg mise également sur son ambiance sonore. Succède aux sons des clochers, le bruit de l’eau qui est d’ailleurs un des fils rouges du film. Il y a quelque chose de liquide, voir même d’organique, dans ce qui se joue devant nos yeux. En intégrant Angel’s Egg à sa programmation, le festival Anima rend donc hommage à une œuvre marquante, singulière autant sur le plan de la forme que sur celui du fond.

    Angel’s Egg est encore diffusé dans le cadre du festival Anima les mercredi 25 et samedi 28 février 2026.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Angel's EggRéalisateur : Mamoru OshiiGenre : AnimationNationalité : JaponDate de sortie : 1985 Alors que Angel’s Egg sortait dans son pays d’origine en 1985, il a fallu au public francophone attendre quarante ans pour découvrir cet ovni de l’animation japonaise. Grâce à un univers visuel...[Anima 2026] Angel’s egg, dans les entrailles du rêve