
All That’s Left of You
Réalisatrice : Cherien Dabis
Genre : Drame
Acteurs et actrices : Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Adam Bakri
Nationalité : Jordanie
Date de sortie : 11 mars 2026
Dans All That’s Left of You, la réalisatrice Cherien Dabis, américaine d’origine palestinienne, retrace l’histoire intime d’une famille palestinienne sur trois générations, de 1948 à 2022, peignant une fresque familiale faite de nombreux déchirements, de multiples injustices et surtout de beaucoup de résilience.
Le film commence en 2022, avant de remonter le fil de l’histoire jusqu’en 1948, lors de la Nakba. Les Britanniques quittent la Palestine et les Israéliens prennent l’ascendant. Sharif, le père, est alors fait prisonnier, et les siens sont chassés de la demeure familiale à Jaffa, cette belle maison entourée d’orangers. La famille de Sharif est contrainte de s’installer sommairement à Naplouse, en Cisjordanie, où elle connaîtra l’humiliation et la douleur, et elle ne pourra revoir Jaffa, alors devenue Tel-Aviv, que bien plus tard.
Cherien Dabis, qui avait déjà raconté l’émigration palestinienne aux États-Unis après le 11 septembre dans Amerrika (2009), raconte aujourd’hui la Palestine à travers les yeux de son peuple. La réalisatrice se met en scène et partage l’écran avec une famille d’acteurs palestiniens, Mohammad (père, décédé fin 2025), Saleh et Adam Bakri (ses fils), ce qui donne une dimension encore plus forte au récit, et en fait une véritable histoire familiale.
L’intrigue se démêle assez tardivement, on ne comprend pas tout de suite ce que l’on regarde. Le titre en anglais et sa traduction (Ce qu’il reste de nous en français) permettent néanmoins plusieurs interprétations et on est inévitablement touché par le destin des Palestiniens et par leur résilience. Toutefois, il ne s’agit pas explicitement d’un film militant sur le sujet, contrairement aux documentaires No Other Land (2024) ou Put Your Soul on Your Hand and Walk (2025), même s’il est logiquement organisé autour des dates qui ont marqué l’histoire de la Palestine. En tout cas, il est grand temps que le récit palestinien nous submerge, que l’on revoie l’Histoire à travers les yeux des Palestiniens, avant qu’il ne reste plus rien de la Palestine.
