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    Une pousée de fièvre, un mal toujours présent

    Alors que la société américaine est polarisée à l’extrême et que les discours de haine connaissent une large diffusion à tous les niveaux de la société, même aux échelons politiques les plus élevés, il est bon de se replonger un siècle auparavant pour comprendre que ce n’est pas un phénomène nouveau et que le racisme systémique a toujours fait partie de cette société, même s’il a pu être plus ou moins contenu à certaines périodes.

    Les années 1920 aux États-Unis. L’âge du jazz, des fêtes sans fin, du champagne… l’âge de la haine la plus brutale et la plus abjecte, aussi. Le Ku Klux Klan y atteint en effet son apogée. À sa tête, un homme dangereux, manipulateur et ultra-violent : D. C. Stephenson. C’est une femme, Madge Oberholtzer, une enseignante, qui va faire chuter le Ku Klux Klan et son chef. Kidnappée, séquestrée et violée par Stephenson, elle trouve, malgré les menaces, le courage de parler, de désigner et nommer ces hommes qui terrorisent une grande partie des États-Unis.

    Divisé en plusieurs parties distinctes reprenant chacune une étape de l’ascension et déchéance du mouvement – de sa création après la guerre de Sécession, sa résurgence dans les années 20 et son reflux quelques années plus tard – le livre de Timothy Egan, Une poussée de fièvre, extrêmement bien documenté, nous montre à quel point le Klan avait étendu son influence au sein des familles, des écoles, des églises et des lieux de pouvoir jusqu’à envoyer des membres au Congrès à Washington. Il vient également écorner le mythe des Années folles et montre à quel point la société des années 1920 était un terreau favorable pour les politiques racistes du Klan.

    Une poussée de fièvre est un livre qui choque autant qu’il fait réfléchir… Choquant de voir que les idées du Klan – le suprémacisme blanc – étaient largement acceptées dans la société américaine de l’époque – La naissance d’une nation, le film glorifiant le Klan ayant été un des plus grands succès cinématographique de l’époque, vu jusqu’à la Maison Blanche – qu’il fallut par exemple attendre le mandat de Joe Biden pour que le lynchage devienne un crime fédéral, et qu’au final, de savoir que seul le courage d’une femme, Madge Oberholtzer, permit de faire chuter ce mouvement – mais pas ses idées nauséabondantes malheureusement.

     Une poussée de fièvre, un livre qui fait réfléchir tant les fantômes du passé – le suprémacisme blanc – semblent resurgir à notre époque.

    Vincent Penninckx
    Vincent Penninckx
    Responsable BD

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    Titre : Un poussé de fièvreAuteur.ice : Timothy EganEdition : 10/18Date de parution : 4 septembre 2025Genre : Histoire Alors que la société américaine est polarisée à l’extrême et que les discours de haine connaissent une large diffusion à tous les niveaux de la société, même aux échelons politiques les...Une pousée de fièvre, un mal toujours présent