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    La station, quand les conflits s’invitent dans l’espace

    Et si la station spatiale internationale n’était plus ce centre névralgique de recherche internationale où les différends sont mis de côté au profit des avancées scientifiques ? C’est exactement ce que Lucy Poplaski, astronaute américaine, va découvrir en tant que commandante de la station lors de son second séjour à bord. Envoyée avec deux collègues russes (Lev et Anton), ils y rejoignent une équipe américaine composée d’Ezra, Lafayette et Devaki. À bord, la tension est déjà palpable entre les Américains, mais ne fait que s’accentuer quand une fuite d’ammoniaque est détectée après une éruption solaire. Lucy est alors chargée par Steve Ayers (directeur adjoint des vols habités à la NASA) de découvrir d’où provient la fuite au risque d’un retour sur Terre imminent. Cette fuite constitue une échappatoire incroyable pour les Russes dont la quête spatiale est au point mort. Américains et Russes s’accusent alors mutuellement. Cependant, l’enquête de Lucy se révèle pleine de surprises.

    Un huis clos pas si fermé

    On pourrait croire que La Station renferme un huis clos se déroulant 400 km au-dessus de nos têtes. C’est exact pour une partie du récit qui est également structuré par des allers-retours narratifs avec Steve Ayers ainsi que Nate, le mari de Lucy souhaitant l’aider dans sa quête. Chaque chapitre débute en effet avec un extrait des interrogatoires postérieurs à la mission. S’alternent ensuite des passages où l’action se déroule dans l’ISS et sur Terre. Ceux-ci permettent une vue globale des actions américaines et russes ainsi que le dévoilement et la compréhension du conflit géopolitique qui les oppose.

    Au cœur d’un conflit géopolitique

    L’enquête menée par Lucy la mène au cœur du conflit géopolitique et spatial opposant les États-Unis et la Russie. Celui-ci se cristallise autour des protagonistes. La confiance entre les membres de l’équipage se transforme en méfiance, tant du côté américain que russes, tous s’accusant à tort. Les présupposés ainsi que les dizaines d’années de conflit ont pour conséquence un éclatement total des relations à bord, mais aussi sur Terre. Au fond, l’idéal de départ de l’ISS se disloque sous nos yeux au moindre incident. Ces tensions permettent de présenter des protagonistes à fleur de peau dont les convictions deviennent plus importantes que la recherche scientifique et la sureté de la station. Ceci donne lieu à des scènes dignes de Gravity où la tension est à son paroxysme (le cadre spatial s’y prêtant à merveille) et où le pire peut arriver, malgré une entrée au cœur du récit un peu longue.

    Une « déglamourisation » de l’ISS

    Si l’espace fait rêver beaucoup d’entre nous, Jakub Szamalek nous fait une description de l’ISS très (trop ?) fidèle à la réalité. Le rêve se dérobe alors sous nos pieds pour laisser place à un cauchemar métallique. Entre la puanteur, les horaires préétablis et les régimes stricts, la station semble davantage être un tas de ferraille se disloquant qu’un lieu idéal où l’apesanteur fait littéralement voler. À la description précise s’ajoute celle des sensations que procurent l’apesanteur, le vide de l’espace, les couchers et le lever de soleil successifs ainsi que la vitesse.

    On sent que l’auteur s’est renseigné sur la vie des astronautes à bord. La preuve en est avec la petite bibliographie proposée en fin d’ouvrage. De quoi pousser la curiosité un peu plus loin !

    En bref, La Station est un thriller documenté et riche en rebondissements grâce aux récits parallèles qui le construisent et qui se complètent parfaitement entrainant une résolution de l’énigme assez inattendue.

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    Titre : La stationAuteur.ice : Jakub SzamalekEditions : Métailié Date de parution : 3 octobre 2025Genre : Thriller Et si la station spatiale internationale n’était plus ce centre névralgique de recherche internationale où les différends sont mis de côté au profit des avancées scientifiques ? C’est...La station, quand les conflits s’invitent dans l’espace