Titre : Tornade
Auteur.ice : Simon Fichet
Edition : Folio
Date de parution : 23 avril 2026
Genre du livre : Récit
Le roman commence directement : avec beaucoup d’appréhension, Simon Fichet accepte d’accompagner un collègue pour filmer deux chasseurs de tornades aux États-Unis, dans la dangereuse Tornado Alley. Et c’est par là que débute une douzaine de jours de traque d’un phénomène aussi imprévisible que mortel, au milieu de paysages désertiques, de champs de pétrole et de fermes industrielles américaines.
Journaliste reporter d’images pour France 2, Fichet n’est pas un novice des situations difficiles: il a par exemple couvert les émeutes de Ferguson et les attentats du 13 novembre. Mais rien ne l’avait préparé à ça. Et c’est précisément ce décalage entre l’homme et le phénomène qui fait toute la richesse de son livre.
L’immersion est immédiate. Dès les premières pages, on fait partie de l’équipe. On monte dans les voitures, on scrute l’horizon, on attend. On sent la pression de ces journées entières à parcourir des centaines de kilomètres sous un ciel changeant, la tension de ces communications radio, l’excitation quand les conditions météo deviennent enfin “favorables”. La patte journalistique de Fichet se sent à chaque ligne : le style est précis, efficace, sans fioritures. C’est un compte-rendu de terrain, et c’est exactement ce qu’il faut pour un sujet pareil.
Le journaliste transmet par son récit le vent, l’humidité, le bruit, des phénomènes imperceptibles à la caméra. C’est avec les mots qu’il parvient à les rendre vivants. Là où l’image capte le spectaculaire, l’écriture capte l’intérieur. Les angoisses qui montent, seul dans sa voiture, la gorge serrée quand les talkies-walkies ne répondent plus, la fascination mêlée d’effroi face à ce phénomène qui ne demande aucune permission.
L’objectif final va-t-il être atteint ? L’équipe va-t-elle réussir à filmer une tornade ? Ces moments culminants, Simon Fichet les restitue avec une sobriété qui rend les scènes puissantes. Pas de grandiloquence inutile. Juste les faits, le corps, la peur.
Aux lecteurs à l’âme sensible : si les tornades vous angoissent (et elles nous angoissent, soyons honnêtes), certains passages sont légèrement éprouvants. Ça prouve qu’ils sont aussi très bien restitués. Et comme cette anxiété fait partie du contrat, est voulue, ressentie, et transmise avec justesse, on prend presque plaisir à la ressentir.
Tornade se lit vite, très vite. Pour les amoureux des grands reportages, du journalisme de terrain et des phénomènes naturels qui rappellent à l’humain sa place dans l’ordre des choses, c’est une lecture idéale. On en ressort avec l’envie de regarder le ciel différemment. Et peut-être, de ne jamais s’approcher d’une tornade.
