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    Tombeau de Parsifal : Un roman à enterrer

    Dans Tombeau de Parsifal, Dimitri Bortnikov nous entraîne dans un univers où les souvenirs, les visions et les fantômes brouillent sans cesse les frontières entre le réel et l’imaginaire. A travers une narration fragmentée et une voix intérieure omniprésente, le lecteur suit un personnage plongé dans ses pensées, ses réminiscences et ses obsessions. Une expérience littéraire singulière et exigeante qui laisse le lecteur dans une certaine perplexité.

    Une plongée dans la mémoire

    Au cœur de l’œuvre, le narrateur accompagne chaque jour son père Babyl, qui vit ses derniers instants. Cette proximité avec la mort fait resurgir tout un passé qu’il croyait derrière lui. Il se remémore son enfance, certaines figures familiales et d’anciennes blessures longtemps enfouies. Entre Paris et les paysages de son passé, les souvenirs surgissent par fragments, au gré des rencontres, des sensations et des visions.

    Les morts semblent alors continuer d’accompagner les vivants, tandis que les différentes temporalités se superposent. Le présent, les souvenirs, les rêves et les hallucinations s’entremêlent jusqu’à rendre leurs frontières difficile à distinguer. Le roman entend ainsi explorer la mémoire et le deuil à travers une conscience constamment traversée par les images et les réminiscences.

    Une expérience peu convaincante

    L’écriture de Dimitri Bortnikov est incontestablement singulière. La syntaxe est très libre, les phrases se brisent, les associations d’idées se multiplient et la ponctuation est notamment marqué par l’usage répété des « … » et des « ! ». Si cette liberté de style peut constituer une exercice littéraire intéressant, elle devient rapidement un obstacle à la lecture et finit par rendre le texte particulièrement fatigant à lire.

    Le problème tient moins à l’originalité du procédé qu’à son utilisation systématique. A force de ruptures et de digressions, le récit perd progressivement sa lisibilité. Le lecteur peine à distinguer ce qui relève du souvenir, du rêve, de la pensée ou de l’action, sans que cette confusion produise nécessairement une véritable profondeur.

    Les dialogues, souvent mal agencés, accentuent encore cette impression. Quant aux nombreux monologues, ils prennent régulièrement la forme de longues successions de sentences pseudo-philosophiques dont la profondeur parait pour le moins discutable. Les quelques tentatives d’humour ne contribuent malheureusement pas à alléger l’ensemble. Elles tiennent davantage du grotesque ou de la provocation que d’un véritable ressort comique, et renforcent parfois l’impression d’une œuvre qui cherche constamment à produire un effet.

    Quand le style étouffe le roman

    Il reste finalement quelques images fulgurantes, une voix véritablement originale et certains éléments narratifs intéressants. Il est cependant difficile de trouver derrière cette profusion de sensations et d’effets une matière romanesque suffisamment solide pour maintenir l’intérêt.

    En somme, Tombeau de Parsifal pourra sans doute séduire les lecteurs sensibles aux expérimentations formelles, aux récits fragmentaires et aux écritures qui privilégient l’intériorité au détriment de la narration. Pour la majorité, cette expérience laissera surtout l’impression d’une langue surchargée, d’une recherche stylistique parfois excessive et d’un récit qui semble davantage fasciné par sa propre écriture que par ce qu’il a réellement à raconter.

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    Titre : Tombeau de ParsifalAuteur.ice : Dimitri BortnikovEditeur : RivagesDate de parution : 19 août 2026Genre : Roman psychologique, expérimental Dans Tombeau de Parsifal, Dimitri Bortnikov nous entraîne dans un univers où les souvenirs, les visions et les fantômes brouillent sans cesse les frontières entre le réel et l’imaginaire. A...Tombeau de Parsifal : Un roman à enterrer