
The Choral
Réalisateur : Nicholas Hytner
Genres : Drame, Historique, Musical, Romance
Acteurs et actrices : Ralph Fiennes, Simon Russell Beale, Roger Allam
Nationalité : Grande-Bretagne
Date de sortie : 8 avril 2026
1916, perdue dans le Yorkshire, la société de la petite ville de Ramsden perdure tant bien que mal en pleine Guerre mondiale. Tour à tour, les hommes s’enrôlent dans l’armée britannique et leur absence se fait sentir. Dépourvue d’une grande partie de ses voix masculines, la chorale locale se voit remise à jour en recrutant un ensemble, pour le moins, hétéroclite.
Bien que profondément marquante et dévastatrice, la « Grande Guerre » n’a pas autant impacté le cinéma que celle qui lui succéda. Mais depuis quelques années, on observe un intérêt croissant pour ce conflit historique ; des films épiques et populaires comme 1917, The King’s Man : Première Mission, All Quiet on the Western Front (2022), … ravivent sa filmographie.
De prime abord, The Choral présente de nombreuses caractéristiques prometteuses, suggérant un film impactant. Les thématiques abordées sont tout à fait pertinentes et peuvent faire écho au chamboulement de notre société actuelle.
En passant des femmes restreintes, tentant de poursuivre leur quotidien, aux hommes soudainement astreints à la conscription, le récit explore les nuances entre les divers points de vue. Là où certains sont dénués de toute notion ou envie de combat, d’autres semblent en proie à une sorte de patriotisme confus ; un commentaire puissant sur la jeunesse traitée comme de la chair à canon, déchue de son innocence, parfois sans même qu’ils en aient conscience, voyant ça comme un honneur, un jeu presque.
La réticence des civils appelés à combattre dans cette guerre qu’ils n’ont pas demandée est source de tensions et instaure une pression sociale au sein même de ces communautés, nécessitant plus que jamais de la bienveillance et de l’entraide.
C’est là qu’entre en scène ladite chorale ; c’est bien connu : « La musique adoucit les mœurs », et c’est au moyen de celle-ci que vont se réunir plusieurs membres de la petite ville de Ramsden. Là où perdurait un groupe privilégié, se forme une singulière association de personnages de tous horizons.
Enfin, l’effacement des frontières des classes sociales permet à tous.tes de se solidariser en ces temps obscurs. Quand l’ordre des choses se voit remis en question, une réflexion intéressante survient ; dans un monde où le conflit et l’urgence priment, quelle place a la culture ?
À travers son film, Nicholas Hytner semble affirmer que la culture – définie comme « ce qui soude un groupe d’individus » – reste essentielle.
Tout cela sonne comme le parfait scénario, une expérience émouvante prête à nous faire frissonner avec une bande-son grandiose. Cependant, le rythme du film reste plat …
Un tel manque de vigueur pour aborder ces thématiques si poignantes laisse place à une triste déception. Sans attendre un tire-larmes et au risque de tomber dans le « cliché » ; il aurait peut-être fallu aller plus loin. Les moments marquants sont dépourvus d’intensité, tout est abordé en surface (l’humour à l’anglaise saura être apprécié mais ne sauvera pas ce qui semble être un projet inabouti).
La présence de Ralph Fiennes dans un film est souvent un aspect positif, néanmoins, son personnage de « protagoniste marginal mais captivant » subit le même sort que le reste.
Pour ne rien arranger, le rôle de la musique, une discipline au potentiel émotionnel sans limite, est trop discret. Pas de bande-son mémorable, pas de frissons à l’écoute de voix harmonieuses. Son importance n’est pas négligée dans la diégèse, mais la puissance qu’elle peut véhiculer est à peine exploitée.
Finalement, il est difficile de déterminer s’il s’agit d’un réel manque d’investissement de la part des cinéastes, ou si l’objectif était de viser un public reconnaissant une subtilité intrinsèque à ces derniers.
