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    Onlyfans, le capitalisme du désir

    Professeur à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste des marchés de l’intimité, du travail émotionnel et des plateformes numériques, Pierre Brasseur ne se contente pas, dans son récent ouvrage, OnlyFans, le capitalisme du désir, d’analyser un simple phénomène de mode. En s’intéressant à ce réseau social avec abonnement payant hébergeant principalement des contenus érotiques ou pornographiques, il pose la question du travail invisible, de la dépendance algorithmique mais surtout de l’énorme besoin d’intimité et de reconnaissance auquel chacun semble aspirer.

    Découpé en plusieurs parties, l’ouvrage s’intéresse autant aux créateurs qu’aux abonnés tout en se penchant sur la structure de la plateforme elle-même, sur la dépendance qu’elle impose aux créateurs mais également sur les contraintes qui pèsent sur OnlyFans en tant qu’hébergeur de services érotiques et pornographiques. Et loin des clichés, cet essai nous en apprend finalement beaucoup sur notre société actuelle.

    Plus que de l’érotisme

    D’une part, il nous en apprend plus sur les motivations des créateurs mais également sur les contraintes pesant sur ceux-ci. Loin de l’image du travail facile que certains feraient pour arrondir leurs fins de mois, les témoignages des créateurs révèlent que c’est souvent par nécessité économique et par envie de reprendre un certain contrôle sur leur vie que beaucoup en sont arrivés là. Un contrôle qui s’avère bien souvent illusoire, la précarité de leur situation et la quasi-impossibilité de sortir du système n’étant jamais publiquement discutée.

    Un autre point fondamental de l’essai de Pierre Brasseur est la réalité du travail des créateurs. Car loin d’être uniquement sexuelle, la motivation des abonnés est souvent de se sentir valorisés et écoutés, le créateur devenant dès lors un confident en plus d’un fantasme. Finalement, croiser les points de vue de l’ensemble des acteurs de la plateforme brosse un portrait assez sombre de notre société. Une société dans laquelle l’attention accordée à chacun est tarifiée par des personnes dont la précarité économique oblige à fournir cette aide psychologique sans formation préalable ni accompagnement structuré.

    Vincent Penninckx
    Vincent Penninckx
    Responsable BD

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