Memory Palace
Auteur : Léa Cuenin
Éditeur : Rivages
Date de parution : 04 février 2026
Genre : Dystopie
En 1977, les sondes spatiales Voyager 1 et Voyager 2 envoyées pour explorer l’espace interstellaire emportaient également avec elle un disque comportant des images et des sons de la Terre, une manière de faire connaître notre planète aux éventuelles formes de vie qui pourraient rentrer en contact avec les sondes, un héritage légué aux générations futures. Il est également question de transmission dans Memory Palace, un ouvrage postapocalyptique qui parle de la fin du monde et de ce que l’humanité laissera, une fois éteinte.
Tandis que l’effondrement approche, cinq femmes se réunissent dans une base spatiale oubliée : Claudia, astronaute déchue, Kae, hackeuse anarchiste, Ruth-Lee, botaniste, Denisova, journaliste en exil, et Nowy, fugueuse. Sous l’œil de Memory Palace, une intelligence artificielle, elles s’apprêtent à encapsuler la mémoire de la Terre afin de propulser ses archives vers les étoiles.
Les thèmes abordés dans Memory Palace sont multiples, que ce soit l’état alarmant de notre planète et les conséquences du dérèglement climatique pour l’humanité – le contexte dans lequel se déroule l’histoire est celui d’un monde en grande partie sous eau, où les inondations ont sensiblement réduit l’espace habitable – ou encore le manque d’objectivité dans le traitement des archives et de facto l’héritage biaisé que l’on offre aux générations futures.
Si l’histoire est dit-on écrite par les vainqueurs, qu’en est-on des autres biais dans l’archivage des données ? Quid des langues uniquement parlées, quid des populations marginalisées, de tout ce qui a disparu et n’a pas été numérisé ? Tout comme les algorithmes, quid des biais des personnes chargées de l’archivage ?
Faisant porter l’intrigue par des personnages en symbiose avec leur environnement, Léa Cuenin évoque avec beaucoup de subtilité l’importance ou non de l’héritage que l’on laisse aux autres, la spécificité de cette question pour l’espèce humaine et aussi le caractère vain de vouloir laisser une trace alors que tout disparait.
