Lune rémanente
Auteur : Masakuni Oda
Éditeur : Rivages
Date de parution : 14 janvier 2026
Genre : Fantastique, Dystopie
La lune est un thème souvent évoqué dans la littérature japonaise, que l’on pense à son rôle dans 1Q84 de Haruki Murakami ou dans Les miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino. Dans les deux cas, c’est un passage vers un univers parallèle, une autre dimension dans laquelle notre monde aurait évolué légèrement par rapport à celui dans lequel nous vivons. C’est encore le cas pour Lune rémanente, un recueil de deux nouvelles et un court roman fantastique sur le thème de la lune.
Atmosphère étrange
Dans les deux premières nouvelles de ce triptyque, un homme qui a le malheur d’apercevoir la face cachée de la lune est réincarné dans le corps d’un parfait homonyme, et une femme qui reçoit en héritage une pierre magique a le pouvoir de se transporter sur le satellite naturel de la Terre. Deux nouvelles qui utilisent habilement les codes du roman fantastique pour instiller une atmosphère étrange sans pour autant devoir faire intervenir des pouvoirs surnaturels ou un bestiaire fantastique, suivant ainsi les traces d’auteurs comme Edgar Allan Poe.
Le court roman éponyme, Lune rémanente, se déroule-lui, dans un Japon dystopique. Dans celui-ci, une étrange épidémie touche une partie de la population : à chaque pleine lune, les contaminés deviennent agressifs et voient leurs capacités physiques et mentales démultipliées, puis finissent par mourir. Dans ce contexte, des Jeux du Cirque sont organisés, impliquant des gladiateurs contaminés.
2 styles en opposition
Trois récits et deux styles diamétralement opposés. Si dans les deux premières nouvelles, le fantastique se fait discret, nul ne sachant au juste si les protagonistes sont victimes d’une hallucination ou sont simplement coincés dans un rêve, augmentant la part de mystère du récit, le court roman prend un parti totalement opposé, flirtant avec la science-fiction.
Même si Lune rémanente manque selon nous de subtilité et tranche avec le reste du recueil, l’ensemble n’en est pas moins intéressant afin de découvrir les différentes facettes du talent de Masakuni Oda.
