Titre : Les Maux d’en bas
Auteur.ice : Ellen Støkken Dahl
Éditeur : Actes Sud
Date de parution : 6 mai 2026
Genre : Récit scientifique
Des IST, on peut tous et toutes en avoir. Qu’on soit agent dormant ou qu’on ait des pustules purulentes, il se pourrait bien qu’on ait en nous un petit truc en plus sans le savoir. Les Maux d’en bas. Un autre regard sur les infections sexuellement transmissibles d’Ellen Støkken Dahl passe à la loupe ce qu’on attrape parfois en ayant du sexe sans se protéger. L’autrice jette un regard plus global sur ce qu’on peut contracter en couchant avec nos partenaires tout en expliquant d’où proviennent ces microbes et autres bactéries.
Vous connaissez sans doute Ellen Støkken Dahl pour son bouquin rose qui a fait fureur dans les librairies dès 2018, co-écrit avec Nina Brochmann, Les Joies d’en bas. Tout sur le sexe féminin. Cette fois, la jeune médecin trentenaire a décidé de s’attaquer seule aux infections, tout en jonglant avec sa vie de famille et son travail, comme elle l’explique en fin d’ouvrage. On connaît donc ses compétences pour vulgariser un sujet complexe sans prendre son public pour des benêts.
La chlamydiose, les morpions, la gale, le VIH, l’herpès, les verrues… L’autrice passe en revue ces différentes infections en misant sur l’éducation dans la bonne humeur. Elle crée un personnage de jeune femme médecin qui reçoit différents patients venus pour des problèmes particuliers. Les Maux d’en bas est une chronique plausible (tout en restant fictionnelle) d’une vie de médecin travaillant dans un centre de santé sexuelle. La médecin va du spécifique au général, via des réponses apportées sous forme de conversations, en revenant aux racines des mots et à ce qu’ils charrient d’histoires.
Les Maux d’en bas est donc aussi un historique des maladies dont les patientes peuvent aussi être porteuses. Savoir que c’est toujours une bonne idée d’utiliser des préservatifs avec un nouveau ou une nouvelle partenaire pour prévenir de toute infection, si on a un pénis, on le savait déjà. Par contre, on apprend que l’un des premiers porteurs du VIH en Europe serait le jeune marin norvégien Arvid Noe (dont l’horrible histoire est narrée ici, lui qui décède à 29 ans, en 1976, tout comme une de ses filles et sa femme), après sa rencontre avec des singes vivants au Cameroun et des prostituées dans des ports africains. Ellen Støkken Dahl revient aussi sur la gale qui refait son apparition, sans que les médecins ne l’expliquent, et sur la difficulté de se débarrasser de ce virus, surtout si vous vivez en colocation et que vous partagez beaucoup d’espaces communs. Elle n’évacue pas non plus les dangers plus importants que représentent la syphilis ou que certains antibiotiques performants pour traiter des maladies « banales » dans le passé commencent à ne plus être aussi efficaces.
Les Maux d’en bas est un livre qui se lit rapidement, agréablement, et ce, même si on y parle de bactéries, de croûtes (si vous en avez, allez consulter) ou de virus. Pas besoin d’être calé en sciences ou médecine pour s’y pencher. Ellen Støkken Dahl s’approche de ces infections avec ses lunettes d’historienne amatrice, simplifiant sans doute le propos, s’interrogeant sur leur ancienneté au sein de l’humanité, tout en mettant en avant la personne qui s’assied dans son cabinet et qui tient à savoir pourquoi son sexe est rempli de pustules jaunes. L’autrice norvégienne, par son talent et son professionnalisme, apporte sa pierre à l’édifice, grâce à cette nouvelle publication, qui permet de mieux nous connaître sexuellement en tant qu’espèce et qu’individus, tout en apprenant à se protéger au mieux.
