La Vie secrète d’Elena Faber de Jillian Cantor

auteur : Jillian Cantor
édition : Préludes
sortie : avril 2018
genre : roman historique

La Vie secrète d’Elena Faber est un roman à double ligne du temps similaire en de nombreux points aux Yeux de Sophie de Jojo Moyes : Une femme trentenaire récemment séparée de son mari rencontre un homme et retrouve un sens à sa vie alors qu’elle fait des recherches sur la vie d’une autre femme ayant vécu pendant la guerre et à laquelle elle s’identifie.

Toutefois, si le personnage contemporain de Moyes, Liv, devient très vite irritant, les deux héroïnes de Cantor sont chacune sympathique à leur manière : Elena est une jeune juive autrichienne qui s’engage dans la résistance contre les Nazis en 1939 après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne. Prête à prendre d’énormes risques pour aider les siens, elle utilise les outils de son père, graveur de timbres, pour fabriquer de faux papiers, permettant ainsi à des familles juives de quitter le pays. Quant à Katie, l’héroïne de 1989, elle travaille comme journaliste pour son ex-mari et se remet difficilement de son divorce. Elle souffre aussi de voir son père, atteint d’Alzheimer, progressivement perdre la mémoire. Alors qu’elle cherche à vendre la collection de timbres de son père, elle fait la rencontre d’un philatéliste qui attire son attention sur une lettre – et un timbre – mystérieux. C’est ce timbre et cette lettre, datant de 1939 mais jamais envoyée, qui permet à Katie de remonter le temps pour reconstituer le destin d’Elena, de sa famille, et de son premier amour, Kristoff, un jeune apprenti graveur.

Elena et les siens ont-ils survécu à la guerre ? C’est là le principal enjeu du roman, et le destin de chacun des protagonistes se dévoile petit à petit alors que Katie et Benjamin poursuivent leurs recherches. La Grande Histoire est intégrée dans le récit de manière fluide et intéressante, sans excès de détails. L’Anschluss, la Nuit de Cristal, ou encore le Kindertransport ayant permis à de jeunes enfants juifs d’être placés dans des familles en Angleterre, sont évoqués, de même que la Chute du Mur de Berlin. L’alternance entre les deux époques est très régulière (un chapitre sur deux) et l’intrigue est bien rythmée, rendant la lecture agréable.

Certes, les personnages manquent parfois un peu de profondeur psychologique et les deux intrigues romantiques sont assez convenues, mais La Vie secrète d’Elena Faber reste un « feel good book » très réussi, à recommander aux amateurs (et surtout aux amatrices) du genre.

Soraya Belghazi
A propos Soraya Belghazi 148 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine