
Gorn
Scénario : Neb
Dessin : Neb
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 06 mars 2026
Genre : Roman graphique
Gorm est à l’image de son nom, un chevalier imposant qui cache derrière sa crinière de viking la tendresse de son regard. Gorm est un papy poule dont l’unique mission est de protéger sa petite fille Asta des autres. Mais surtout d’elle-même. Asta est aussi têtue que touchante. Et il n’est pas toujours facile de s’opposer à sa volonté.
Mais cette petite blonde aux yeux larmoyants est trop jeune pour comprendre les dangers qu’elle pourrait encourir si elle devait faire comme son grand-père et s’enduire le visage d’une étrange substance jaune qui décuple les forces au combat. Alors malgré ses supplications, Gorm insiste : il n’est pas question de lui faire goûter aux pouvoirs du Sopp. Elle n’est pas tombée dans la marmite quand elle était enfant, mais son druide de grand-père reste pourtant inflexible à ce sujet.
Si le sopp permet à celui qui en fait l’usage de se transformer en berserker invincible, il n’en est pas moins dépourvu d’effets négatifs. Et le plus notable parmi eux, c’est bien sûr la perte de conscience. Le berserker n’est plus un humain, mais une arme de guerre redoutable, incapable de différencier ses ennemis de ses alliés. Alors qu’une de leurs missions dérape, nos héros se retrouvent pris en grippe par une armée de femmes-louves assoiffées de vengeance. Il leur faudra fuir ou les affronter.
Gorm est récit apocalyptique et fantastique qui se construit, comme d’autres avant lui, sur un duo intergénérationnel de personnages. Le succès de ce genre de couple, c’est le mariage qu’il permet entre sagesse et spontanéité. La recette est vieille, mais efficace. Il faut dire que Neb nous offre des prototypes du genre : Gorm est le parfait géant au grand cœur et Asta, un petit bout de chou au caractère bien trempé.
Ce que Neb nous propose est une œuvre qui s’appuie moins sur sa singularité que sur sa capacité à convoquer des univers déjà connus. Narrativement, Gorm se construit comme un périple relativement classique par rapport aux codes du genre. Les méchants poursuivent les gentils. Ou du moins les personnages auxquels le lecteur s’attache. Le tout dans une ambiance relativement inspirée du folklore scandinave.
À cela, s’ajoute le dessin de Neb qui s’inscrit dans une veine cartoonesque presque exagérée. Les personnages de Neb sont caoutchouteux ; le regard bulbeux et le corps rond. Les premières pages de Gorm où se glisse dans ce graphisme simplifié une forme de répétition, ou tout du moins de symétrie, évoquent un mélange entre Les supers Nanas et une affiche de propagande. Gorm est un album qui se joue des références et mise tout dans son dessin sur l’intelligibilité et l’humour plutôt que sur la performance.
