Dans le port de Cape-Town, souvenirs de 3 continents

Dans le port de Cape-Town
d’ Alexandre Vélédinsky
Comédie
Avec Vladimir Steklov, Sergey Sosnovsky, Aleksandr Robak

Dans le cadre de la première semaine du nouveau cinéma russe qui se tient au cinéma Aventure à Bruxelles du 25 au 31 octobre 2019, les spectateurs ont pu voir en avant-première européenne le film d’Alexandre Vélédinski, Dans le Port de Cape-Town.

Une chanson, des souvenirs

Trois personnages, le Marin, le Caïd et le Blanc-Bec se croisent en Extrême-Orient russe, au cours de l’été 1945. Armés et animés d’une détermination sans faille, leur rencontre se termine par un bain de sang. En tout cas, c’est ce que chacun des protagonistes gardent en mémoire. Cinquante ans plus tard, le destin réunit à travers des souvenirs partagés ces trois individus.

Dans le port de Cape-Town, c’est d’abord une chanson de l’époque soviétique, populaire durant la seconde guerre mondiale. C’est également la possibilité pour le réalisateur d’intégrer dans son film certains éléments autobiographiques, Sébastopol et Saint-Pétersbourg, ainsi que Cape-Town, ville inaccessible mais source de toutes les rêveries. C’est un récit dans lequel le bien et le mal s’entrecroise, mais contrairement à de nombreux films, le fait de manière plus subtile. Pas de manichéisme dans cette histoire où le réalisateur s’attache aux détails, aux petites choses qui parsèment le long chemin de l’existence.

Une structure narrative complexe

Même si la structure narrative est relativement complexe, avec de nombreux allers-retours entre les époques et les continents, l’impression générale qui se détache du film, après mûre réflexion, est un sentiment d’espoir. En ce 22 juin, jour de solstice, que ce soit par leur volonté propre ou via l’aide de personnages bienveillants, les différents protagonistes du récit semblent repousser les ténèbres pour quelque temps.

On pourrait rapprocher Dans le port de Cape-Town d’un film chorale, et l’on sait la difficulté de garder une structure narrative cohérente dans ce genre de récit. Dire que ce film est d’une approche facile serait mentir, néanmoins ce serait dommage de passer à côté pour cette raison. Chacun y verra sans doute ce qu’il a envie d’y trouver et peut être que le public européen, moins habitué aux références culturelles russes, inventera sa propre histoire par rapport à ce récit.

Dans le port de Cape-Town sera à nouveau diffusé dans le cadre du festival le mercredi 30 octobre à 21.30, l’occasion de se faire sa propre opinion sur le nouveau cinéma russe.

Vincent Penninckx
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Journaliste du Suricate Magazine