Breathe, conventionnel et peu inspiré

Breathe

d’Andy Serkis

Drame, Romance

Avec Andrew Garfield, Claire Foy, Tom Hollander

Sorti le 28 février 2018

Marchant dans les traces de My Left Foot (1989) ou d’Une merveilleuse histoire du temps (2014), sort aujourd’hui Breathe, biopic inspiré de la vie de Robin Cavendish, un anglais frappé par la poliomyélite à l’âge de 28 ans et condamné à la paralysie. Alors que les médecins donnèrent à Cavendish trois mois à vivre, il vécut trente-six ans en respirant à l’aide d’un poumon artificiel et devint l’un des plus grands défenseurs des personnes atteintes d’un handicap moteur. Ce faisant, Cavendish fit en sorte que soient développés un maximum de moyens visant à offrir aux personnes paralysées une mobilité auparavant inimaginable.

Breathe marque le premier passage derrière la caméra du génialissime acteur Andy Serkis. Et malheureusement pour lui, on ne peut pas dire, que l’expérience soit une réussite… Tout est convenu dans ce film : la narration est simpliste, linéaire, et la réalisation classique. Même les acteurs parviennent difficilement à livrer une performance mémorable. On pensera notamment à Andrew Garfield et sa récente prestation dans Tu ne tueras point qui témoignait des capacités de l’acteur à donner vie à ses personnages. Ici, rien de bien transcendant et, si l’on peut mettre à sa décharge le fait qu’il joue un paralytique, on pensera rapidement à la performance d’Eddy Redmaine dans la Merveilleuse histoire du temps, qui parvenait malgré tout à insuffler à Stephen Hawking toute la souffrance liée à la condition physique de son personnage. Garfield se contente ici bien souvent de maintenir une façade joviale face au sort réservé à son personnage. Et la chose fait peu souvent mouche. La faute à une direction d’acteurs maladroite de la part du réalisateur ou à une mauvaise composition de la part de l’acteur principal ? Quoi qu’il en soit, il est bien difficile de se passionner pour Breathe.

Il résulte au final un film qui offre l’intérêt de mettre Robin Cavendish sur le devant de la scène mais présente, en dehors de cela, peu de qualités certaines. Breathe est ainsi un film dont on retiendra peu de choses. En espérant qu’Andy Serkis fera mieux pour Mowgli, sa prochaine réalisation destinée à sortir à la fin de cette année.

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 142 Articles
Journaliste du Suricate Magazine