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    Bakersfield Mist : Pollock, whisky et vérité

    Bakersfield Mist raconte l’histoire d’une femme peu instruite, persuadée de posséder un tableau de Jackson Pollock, d’une valeur estimée à 100 millions de dollars. Bien plus que l’argent, c’est la reconnaissance que cette œuvre pourrait lui apporter qui la réjouit. Elle décide alors de faire appel à un expert venu spécialement de New York. L’homme, issu d’un tout autre milieu, ne partage ni ses convictions ni sa manière de voir le monde. La richesse du spectacle réside précisément dans cette confrontation de points de vue, qui donne lieu à des échanges aussi vifs que savoureux.

    En entrant dans la petite salle du Théâtre Public, on est d’abord frappé par le réalisme du décor (créé par Anne Guilleray) : une caravane entourée d’objets insolites et baignée d’une lumière chaude attend les spectateurs.

    En réalité, l’histoire qui nous est racontée s’inspire de celle de Teri Horton, une Américaine de 86 ans qui possédait depuis une trentaine d’années un tableau attribué – selon elle – à Jackson Pollock. Elle fit appel à de nombreux experts, mais aucun ne reconnut formellement la patte du maître. Pourtant, l’un d’eux sema le doute : il affirma avoir détecté l’empreinte digitale de Pollock sur le tableau.

    Adaptée au théâtre par Stephen Sachs, la pièce est mise en scène par Michel Kacenelenbogen (directeur du théâtre). Elle débute par la rencontre entre Maude (interprétée par Valérie Lemaître), qui habite cette fameuse caravane, et l’expert new-yorkais (Michelangelo Marchese) qu’elle a choisi pour authentifier l’œuvre. On assiste alors à un véritable choc des cultures entre cette ancienne serveuse au franc-parler et cet homme guindé, érudit, ancien directeur du MET.

    S’enchaînent ensuite des dialogues truculents entre deux mondes que tout oppose. Pour Maude, aucun doute : le tableau est un Pollock. Pour l’expert, il s’agit d’un faux. Avide de reconnaissance, elle est prête à tout pour le faire changer d’avis. Persuasive, elle parvient à le déstabiliser. Peu à peu, l’homme délaisse son attitude rigide pour s’engager dans un échange plus sincère, plus humain, où une vraie communication devient possible entre les deux personnages.

    Portée par deux comédiens très inspirés, la pièce est succulente. Le sujet dépasse largement le monde de l’art : il interroge les différences sociales et culturelles entre les individus. Pourront-ils se comprendre, s’accepter ? L’expert finira-t-il par changer d’avis ? Malgré un léger essoufflement en seconde partie – le ressort dramatique étant posé très tôt – les dialogues restent d’une grande richesse. Si vous souhaitez découvrir cette histoire étonnante, ne perdez pas une minute : foncez !

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    De Stephen SachsMise en scène de Michel KacenelenbogenAvec Valérie Lemaître et Michelangelo MarcheseDu 3 septembre au 18 octobre 2025Au Théâtre Le Public Bakersfield Mist raconte l’histoire d’une femme peu instruite, persuadée de posséder un tableau de Jackson Pollock, d’une valeur estimée à 100 millions de dollars. Bien plus que l’argent, c’est la reconnaissance que...Bakersfield Mist : Pollock, whisky et vérité