Anima 2021: The Nose or the Conspiracy of Mavericks

The Nose or the Conspiracy of Mavericks
d’Andrey Khrzanovsky
Film d’animation
Présenté dans le cadre du festival Anima 2021

Présenté dans le cadre de la sélection officielle du festival Anima 2021, The Nose or the Conspiracy of Mavericks est une œuvre complexe, exigeante, qui par son style graphique et le thème choisi captivera les mélomanes et les amateurs de littérature ainsi que les amateurs d’éclectisme graphique. Basé sur la nouvelle Le Nez de Nikolaï Gogol et son opéra homonyme par Dmitri Chostakovitch, le film est dédié aux pionniers de l’art, à ceux qui sont en avance sur leur temps, et qui ont eu l’audace d’aller à contre-courant, au prix de leur bien-être personnel, et souvent de leur vie.

Découpé en trois parties, trois songes,  The Nose or the Conspiracy of Mavericks évoque tour à tour l’œuvre de Gogol à travers l’opéra éponyme de Chostakovitch, la découverte de celui-ci par Staline et enfin le concept de réalisme soviétique et les pressions et brimades endurées par ceux qui déviaient de la ligne officielle du parti.

Visuellement époustouflant

The Nose or the Conspiracy of Mavericks est une œuvre complètement à part dans l’univers de l’animation, un feu d’artifice permanent, tant visuellement qu’auditivement. A la vue de celui-ci, on ne peut être que charmé et admiratif du travail d’Andrey Khrzanovsky et de son équipe qui allie avec merveille différents styles graphiques, du crayonné à l’encre de Chine en passant par le théâtre de marionnettes en papier aux images d’archives en noir et blanc. Un style graphique très éclectique soutenu par l’envoûtante musique de  Chostakovitch qui accompagne à merveille les rebondissements de l’intrigue. Et si la forme est alléchante, le fond mérite également le détour, la censure dans le monde des arts ayant été trop peu abordée jusqu’à ce jour.

Au final, on ressort chamboulé et émerveillé à la vision de  The Nose or the Conspiracy of Mavericks. Sous le charme de tant d’ingéniosité technique et conscient que la censure dans le monde des arts ne concerne pas qu’un lointain passé mais fait encore des victimes à l’heure actuelle.

A propos Vincent Penninckx 244 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine