Mr. Holmes, élémentaire !

mr holmes affiche

Mr. Holmes

de Bill Condon

Policier, Drame

Avec Ian McKellen, Milo Parker, Laura Linney

Sorti le 22 juillet 2015

Sherlock Holmes, à la retraite depuis longtemps, vit paisiblement avec ses abeilles, sa gouvernante et Roger, le fils de cette dernière, un détective amateur. Une ancienne affaire le hante toujours et, étant âgé de 94 ans, il n’arrive pas à se souvenir des détails pour écrire la véritable version de l’histoire.

Le film oscille entre différentes temporalités : le présent où Holmes essaie de se souvenir de son affaire et où il tisse une relation paternelle avec le petit Roger, le flashback qui nous ramène à son dernier voyage au Japon, et celui qui se dévoile à fur et à mesure qu’il se souvient de son affaire inachevée. Si le passage entre les diverses périodes s’effectue subtilement et de manière académiquement classique, on aurait aimé avoir une aventure épurée qui se suffit à l’enquête elle-même, sans avoir recours aux retours en arrière pour remplir les fissures scénaristiques.

Mr Holmes détruit l’image sacralisée du détective et en fait un être humain, non un héros type qui a toujours raison. Le personnage a 94 ans et il est atteint d’Alzheimer. Il inscrit les noms des personnes sur le bord de son poignet et dessine un cercle sur un cahier que lui a offert le médecin à chaque fois qu’il oublie un détail. Il a besoin de prendre des substances végétales pour réactiver sa mémoire. Il avoue avoir tort et avoir échoué sa dernière enquête, raison pour laquelle il a arrêté son travail.

La question de la véracité de la fiction est posée à plusieurs reprises dans le film. Sherlock Holmes ne porte pas de « deerstalker »  et ne fume pas de pipe : ces éléments ont été rajoutés par l’illustrateur. De même, Watson fictionnalise la réalité des enquêtes en omettant ce qui lui semble moins intéressant et en rajoutant ce qu’il manquait à la réalité pour faire un bon livre. Ce dernier est allé encore plus loin en changeant complètement la dernière enquête de Holmes, transformant sa défaite en victoire. Le Sherlock Holmes de la fiction a enfin de compte influencé le vrai. Etant donc une recherche de la vérité – puisque le film se centre sur l’écriture de la vraie enquête – , Mr Holmes finit par démontrer que la vérité se trouve au cœur de la fiction elle-même.

Cassant le personnage stéréotypé, avec une approche intéressante sur la thématique de la limite entre la réalité et la fiction, Mr Holmes reste captivant à regarder malgré l’hétérogénéité de sa réalisation et quelques problèmes scénaristiques.

Patrick Tass
A propos Patrick Tass 41 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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