Ecrit par Chrystèle Khodr
Mise en scène Nadim Deaibes et Chrystèle Khodr
Avec Chrystèle Khodr
Du 18 novembre au 22 novembre 2025
Au Théâtre National
Au milieu des années septante, Eva Ståhl, une jeune infirmière suédoise, choisit d’apporter son aide aux civils palestiniens du camp de Tel Al Zaatar, à l’est de Beyrouth. En 1976, ce camp est le théâtre d’un massacre au cours duquel la jeune femme est grièvement blessée. Chrystèle Khodr a choisi de porter cette histoire sur scène : celle d’une militante courageuse, meurtrie dans une guerre qui ne la concernait pas, dans un pays qui n’était pas le sien. En filigrane, la pièce déploie également une véritable démarche de sensibilisation à la situation des Palestiniens. Un théâtre sobre, juste et profondément intéressant.
En 1975 débute la guerre civile libanaise. Les milices chrétiennes libanaises (Phalangistes et Tigres du Parti National Libéral) affrontent des groupes palestiniens alliés à certaines forces libanaises de gauche. Le camp de Tel Al Zaatar est encerclé et assiégé. Les Palestiniens manquent de tout. Eva Ståhl est touchée par une balle, perd l’enfant qu’elle attendait et doit être amputée d’un bras.
Sur scène, un amas de bandes magnétiques, déployé progressivement par Chrystèle Khodr, évoque les barbelés du camp. Son monologue est ponctué d’enregistrements authentiques qui donnent chair au récit. Malgré la gravité du sujet, l’artiste glisse quelques touches d’humour qui allègent subtilement la tension. Chrystèle Khodr, metteuse en scène, et Nadim Deaibes, scénographe, ont longuement étudié le parcours de la jeune femme. Leur intention n’est pas de faire du théâtre documentaire, même s’ils s’appuient sur des faits réels.
Au-delà de l’histoire d’Eva Ståhl et de la conscientisation autour du sort tragique des Palestiniens, les artistes rappellent l’absolution généralisée qui prévaut au Liban. Les crimes restent impunis (loi d’amnistie) et les horreurs se répètent. Leur démarche consiste à raconter ces histoires avec réalisme et humanisme, dans l’espoir qu’elles frappent les esprits et contribuent à empêcher leur répétition. Un spectacle qui ravive une mémoire blessée et y fait affleurer une étincelle d’émotion.
