Rencontre avec Hasse Fröberg & Musical Companion

Le monde du rock progressif est souvent mal connu du grand public. Pourtant, il est truffé de talents qui méritent toute votre attention.

Parmi les groupes devenus incontournables sur la scène actuelle du genre, il y a les Flower Kings, mené par Roine Stolt (qui a rejoint Steve Hackett pour sa prochaine tournée) et le très talentueux Hasse Fröberg.

Depuis quelques années, ce dernier a formé son propre groupe sous l’appellation Hasse Fröberg & Musical Companion. Les connaisseurs ont déjà pu découvrir se groupe au travers de leurs albums Future Past et Powerplay. Deux albums redoutables et pourtant très peu connus. Le manque de promotion est, en effet, un gros problème aujourd’hui dans le monde musical et le rock progressif en souffre davantage. 

Alors, puisque Hasse Fröberg sort à présent son troisième album au nom éponyme, j’ai décidé de discuter avec lui de cet album. Mais aussi, de ce que ce projet représente pour lui et pourquoi il a ressenti le besoin de faire ce projet parallèlement aux Flower Kings.

Background

Bonjour Hasse, merci de nous accorder cette entrevue pour nous parler de ton autre groupe qui te tient à cœur, Hasse Fröberg & Musical Companion.

Tu viens de sortir le troisième album de HFMC. Comment se sont passé les sessions d’enregistrement de ce disque ?

Eh bien, ce fut cette fois un long processus. Mais cela est surtout dû à toutes sortes de choses un peu « dingues » qui nous sont arrivé en dehors des enregistrements en studio. Si bien que parfois, j’en oubliais même que nous étions en train d’enregistrer cet album.

Tout d’abord, je n’ai pu jouer de guitare pendant plus de deux mois car je m’étais blessé au pouce. Ensuite, ma mère et le père du batteur (Ola Strandbers) décédèrent. Au-delà de notre deuil, nous dûmes donc nous occuper chacun de tout ce que cela impliquait (notamment régler toutes sortes de choses d’ordres matérielles)

Ensuite, nous eûmes quelques déboires avec la maison de disque et on conclût finalement un deal avec Glassville Records. Maintenant, tout cela est de l’histoire ancienne et l’album se porte bien, finalement. J’ai presque oublié à quel point cet enregistrement fut bizarre a bien des égards.

J’ai trouvé cette façon de te découvrir autrement à travers ce groupe très pertinente. Cela sonne vraiment frais et différent de ce que tu faisais dans les Flower Kings.

Merci ! J’ai créé ce groupe il y a six ans. Je voulais travailler avec des gens différent. Certains avec qui je n’avais jamais travaillé auparavant. Sincèrement, j’avais peu de succès à l’époque où je jouais avec le batteur (Ola Strandberg) et le bassiste (Thomsson) dans le groupe Spellbound dans les années 80. Je n’avais pas encore joué avec le guitariste Anton Lindsjö et le claviériste Kjell Haraldsson (bien que j’étais proche de celui-ci). Lorsque j’ai décidé de former un nouveau groupe, j’avais une vision claire de la manière dont je voulais que cela sonne. Pour cela, je devais trouver les gars qui avait le même état d’esprit. Et en regardant en arrière, je pense avoir fait les bons choix au fil du temps.

Revenons brièvement aux Flower Kings. La presse et la majorité des fans sont souvent beaucoup plus concentrés sur le travail de Roine Stolt quand il s’agit de parler du groupe. Peux-tu nous parler de ton rôle dans le groupe ?

Lorsque j’ai rejoint le groupe en tant que membre permanent en 1997 (j’ai fait essentiellement des sessions vocales sur les albums The Flower Kings, Retropolis et Stardust We Are), c’était surtout le « bébé » de Roine. (même si Tomas Bodin était beaucoup plus impliqué dans l’écriture des chansons)

Au fil des ans, cela s’est métamorphosé plus en projet de groupe pour ainsi dire. Aujourd’hui, chacun est plus impliqué dans tout ce qui concerne le groupe. (que ce soit en écriture, enregistrement ou encore le choix de vêtements de scène)

Hasse Fröberg & Musical Companion est aussi très intéressant pour les gens qui ne sont pas forcément fans de rock progressif car c’est aussi de la musique plus « abordable » pour le grand public.

Tu as tout à fait raison ! Pour moi, ce groupe est un mix de classic rock, de rock progressif, de pop, jazz, metal et aussi la bonne vieille soul music. Je sais que cela peut sembler bizarre mais au final, cela fonctionne à merveille. Surtout parce que nous nous efforçons à produire des mélodies qui tiennent la route.

Le seul problème que nous puissions rencontrer, c’est lorsque les gens veulent absolument mettre un groupe dans une catégorie. Je dirais que nous sommes donc un groupe de rock avec diverses influences dont principalement le rock progressif.

Comme tu l’as mentionné au début, cet album a pris beaucoup de temps à enregistrer. Avez-vous changé ou ré-arrangé certaines chansons au fil du temps ?

Pas vraiment. Cette fois, on a beaucoup bossé sur la pré-prodution pour avoir les bons tempos et bien préparer les arrangements avant d’entamer les enregistrements des backing tracks. Quand je l’écoute à présent, j’ai toujours le sentiments que le résultat final sonne tel que je l’avais voulu. La seule chose qui a changé au fil du temps, ce sont les paroles des chansons.

La route vers la gloire est semée d’embuches. Quelles sont les clefs du succès pour un groupe qui se lance aujourd’hui ?

J’aimerais tant avoir la réponse à cette question. Je pense que c’est devenu plus difficile que jamais. Si l’on ne parle que du rock progressif, je pense qu’il n’y a jamais eu autant de groupes qui sortaient des disques et tournaient qu’aujourd’hui. Alors que le nombre de fan, lui, n’a pratiquement pas augmenté. (Même si j’ai remarqué que davantage de jeunes venaient aux concerts, ce qui est bien !)

En progressif, il n’y a vraiment aucun raccourci. Tu dois travailler ta musique et essayer de l’améliorer pour séduire un maximum de fans. Jusque maintenant, j’ai été très satisfait du résultat de notre troisième album. La presse en dit beaucoup de bien et il semblerait qu’il ait plus de succès auprès des fans.

Nous te le souhaitons !

A très bientôt sur la route !

Retrouvez Hasse Fröberg & Musical Companion en compagnie du groupe Enchant (mené par Ted Leonard, ce grand monsieur qui officie également au sein de Spock’s Beard et Transatlantic) lors de leur tournée européenne. (Voir les dates en bas)

enchant

Christophe Pauly
A propos Christophe Pauly 485 Articles
Journaliste et photographe du Suricate Magazine

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.