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    Œil pour œil : une vengeance de Noël

    Alors que l’esprit de Noël envahit la plupart des foyers, certains s’apprêtent à découvrir que la période des fêtes n’est pas toujours synonyme de pardon et de générosité. Tendre la joue gauche, qu’il disait. Pourtant, jamais ce précepte n’aura été aussi bafoué qu’en ce mois de décembre qui, ironiquement, célèbre la naissance du Messie.

    En Angleterre, certains criminels dont les forfaits ont fait l’objet d’une très grande médiatisation peuvent bénéficier du programme d’anonymat permanent. Du moins, c’est ce qu’on apprend dans la préface, malheureusement un peu succincte, qui introduit Œil pour œil. M.J. Arlidge s’empare du sujet et imagine, alors, quelles conséquences pourrait avoir la révélation des nouvelles identités de ces personnes rendues célèbres par l’atrocité de leurs crimes. Pour l’auteur de polar britannique, la thématique offre bien plus que la promesse d’un bon début d’enquête ; un thriller psychologique où le bien peut se confondre avec le mal.

    Ils s’appellent Emily ou encore Jack. Ils étaient mineurs au moment des faits. Mais leurs crimes n’en sont pas moins effroyables. Ils ont brûlé leurs sœurs. Tuer une jeune fille dans un délire chamanique, poussé par la drogue. Pour eux, l’anonymat sonne comme une promesse. Mais pour les proches de leurs victimes, elle est vue comme une injustice. La possibilité pour des monstres de repartir à zéro, alors qu’eux-mêmes ne seront jamais délivrés de la douleur. Mais quand, le système s’écroule et que les nouvelles identités des bourreaux sont divulguées, la vengeance devient, pour certains, le seul espoir d’obtenir réparation.

    C’est donc un vent de haine qui souffle sur l’Angleterre, aussi glacial que les températures hivernales. Dans ce thriller psychologique, les criminels deviennent les victimes de ceux qu’ils ont blessés. Et ceux dont on aurait dû pleurer la perte dévoilent le pire d’eux-mêmes. Mais pour éviter toute forme de parti-pris, M.J. Arlidge alterne les points de vue, laissant parler la colère d’un père endeuillé aussi bien que la peur d’un jeune adulte en réinsertion. Il enfile le costume des agents de probation, souvent convaincus par leur mission, mais fatigués de l’indifférence des pouvoirs publics et du mépris de certains ex-détenus.

    L’auteur britannique fait tanguer le lecteur, bouleversant ses notions de bien et de mal, grâce à son écriture dynamique et l’agilité avec laquelle il passe d’une voix à une autre. Œil pour œil est haletant. Efficace et accessible. On lui regrette une fin tarabiscottée et un manque d’informations concernant ce système de protection qui ne fait pas l’unanimité auprès de la population. On s’interroge aussi quant à la plausibilité des conséquences imaginées par l’auteur. Mais soit, l’histoire fonctionne et, mieux, elle est addictive.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Titre : Œil pour œilAuteur.ice : M.J. ArlidgeÉditeur : 10/18Date de parution : 3 octobre 2025Genre : Thriller Alors que l’esprit de Noël envahit la plupart des foyers, certains s’apprêtent à découvrir que la période des fêtes n’est pas toujours synonyme de pardon et de générosité. Tendre la joue gauche,...Œil pour œil : une vengeance de Noël