Titre : Mes pensées te font l’amour
Auteur.ice : Léa Grosson
Éditeur : Musardine
Date de parution : 22 janvier 2026
Genre : Billets romantiques et érotiques
Léa Grosson, peut-être la connaissez-vous déjà via son profil Instagram, suivi par plus de 90 000 personnes. Elle se définit comme une « écrivaine olé olé », publie des livres, sort des épisodes dans son podcast « Téléphone rose », etc. C’est une femme active et qui s’active, tant bien que mal, à parler de sexe, et plus encore à érotiser le quotidien, de manière à la fois « coquine » et romantique.
Mais comment peut-on être à la fois coquine et romantique, ni trop l’un ni trop l’autre ? Est-ce possible ? C’est ce à quoi Léa Grosson s’attelle pourtant dans Mes pensées te font l’amour. Ce n’est pas un livre, mais « 100 billets érotiques et romantiques, à afficher, murmurer, partager… », comme il est souligné sur la couverture du petit recueil édité par la Musardine.
Écrire des scènes de sexe demande un certain art et il est facile de se moquer ou de critiquer celles et ceux qui s’y jettent sans retenue. Grosson, ici, n’écrit pas sur le sexe proprement dit (même si qui peut réellement dire à partir de quand démarre le sexe, d’une pensée érotique ou d’un toucher du regard ?). Elle écrit sur ce qui lui fait penser au sexe qu’elle a eu, qu’elle a ou qu’elle aura avec un amant réel ou imaginaire, voire avec 1000 autres inconnu·es peut-être. Elle personnalise ses billets et ne tente pas de capter l’animalité du coït mais le rougissement de celles et ceux qui se languissent de l’autre. « Si seulement tu pouvais être là, contre moi. À poil, bien sûr » nous confie-t-elle comme elle nous dit aussi « J’ai envie de claquer des doigts et de t’avoir devant moi pour te montrer comme je t’aime, à genoux, la bouche ouverte ».
Et tout le projet de Léa Grosson se trouve là, dans ces deux phrases, avec ce désir d’amour, de rapprochement intime, de connivence qu’on peut partager avec nos amant·es, mélangés avec cette envie pure d’être nu·e contre lui ou contre elle, de le ou la prendre en bouche ou contre le mur, de mêler sueur, baisers et odeurs corporelles. On pourrait dire que c’est un projet presque politique, qui chercherait autant à contrecarrer l’amour romantique qui n’existe que dans la fiction hollywoodienne que le sexe pour se décharger égoïstement, seul·e avec l’autre. Son projet de société, à elle, c’est de crier haut et faire que sexe et amour à plusieurs ne font qu’un, que le sexe est bon, et que le bon sexe avec un·e bon·ne partenaire mérite les louanges au point d’en publier un livre.
Tout n’est évidemment pas « bon », ni dans l’écriture ni dans le sexe d’ailleurs. Sur cette centaine de mots détachables, ceux qui sont justement trop romantiques (limite fleur bleue ?) tombent peut-être à plat. Certains sont terre à terre, quotidiens, d’autres ouvrent l’imaginaire (« Je vais te lécher dans mes rêves, on se retrouve là-bas »). Peut-être en avez-vous déjà lu, d’autant plus si vous êtes accro à Instagram et que vous passez plus d’une heure et trente par jour rien que sur ce réseau social. Cela vous donnera peut-être l’envie de faire une cure, d’ailleurs, pour pouvoir découvrir le prochain recueil de Léa Grosson avec des yeux neufs, ou pour vous mettre à l’écriture. Car l’autrice ne fait pas que partager ses pensées pour nous faire rougir, elle invite à ce qu’on écrive.
Ainsi, les dernières pages sont vierges, précédées de rapides conseils pour vous y mettre. Cela vous donnera peut-être l’occasion, lors du 14 février qui approche ou durant n’importe quel jour de l’année où vous souhaitez célébrer votre amour et le sexe avec vos partenaires, de détacher les mots (les vôtres ou ceux de Léa Grosson) qui font parcourir le plus votre corps de frisson et les envoyer en version papier pour mieux contaminer celui ou celle que vous désirez tant entendre et faire crier.
