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    Martin Eden, le héros de Jack London n’a pas pris une ride

    Au cinéma ou encore dans la bouche de Nekfeu, Martin Eden n’a plus à prouver son succès. Cette figure emblématique de détermination et d’antagonisme social est à nouveau mise à l’honneur dans cette réédition signée 10/18.

    Pour s’être interposé lors d’une rixe et avoir défendu l’honneur d’un aristocrate, Martin Eden est invité à fréquenter la haute société. Le jeune prolétaire fait tache. Il possède les manières rustres et vulgaires de son milieu. Il fume et jure comme un charretier. Mais l’amour qu’il éprouve très vite pour une jeune bourgeoise le pousse à se débarrasser de ses mauvaises habitudes. Mieux, il se cultive. Sa passion grandissante pour Ruth s’accompagne d’un amour non moins puissant pour les auteurs dont il découvre les livres. Martin Eden est marin et, pourtant, son paradis se trouve bientôt dans la littérature.

    Martin fréquente timidement Ruth. Un sentiment d’affection réciproque les unit doucement. Ruth est ignare quand il s’agit des choses de l’amour. Et pourtant, c’est elle qui a l’ascendant sur lui. Si elle aime si fort Martin, malgré les conventions qui le lui interdisent, c’est aussi parce qu’il est une cause dont elle s’occupe avec volontarisme. Elle lui apprend les bonnes manières et s’émeut tous les jours un peu plus de voir la chenille devenir papillon. Lui, de son côté, s’éloigne du milieu ouvrier dont il vient pour s’insérer dans une bourgeoisie qui, malgré tout, le rejette toujours.

    Des années se sont écoulées depuis la première parution de ce chef-d’œuvre de la littérature anglo-saxonne, mais son message résonne toujours avec la même puissance. Comme Annie Ernaux ou Édouard Louis aujourd’hui, Jack London raconte un transfuge de classe. Roman autobiographique, Martin Eden fait la critique d’une société qui enferme les individus dans des cases. Et celle qui est le plus pointée du doigt, c’est, bien sûr, cette bourgeoisie dont le prestige repose sur sa capacité à mépriser les autres.

    C’est aussi une critique du monde de l’édition que prononce Jack London. Martin Eden s’accrochant à son rêve de devenir écrivain, s’échine à envoyer ses manuscrits à tous les journaux. Les refus s’accumulent. Parfois, l’un d’entre eux lui accorde une publication, mais elle est rarement rémunérée. Tant qu’il ne s’est pas fait un nom, le milieu littéraire le néglige. Et lui s’acharne, malgré les réticences de sa douce qui souhaiterait pour lui qu’il se trouve une situation. Il est convaincu de son talent, et à certains endroits son ambition confine à l’arrogance. Mais soit. Martin Eden, dans une écriture encore tout à fait accessible, aborde des sujets qui sont encore aujourd’hui d’une actualité surprenante.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Titre : Martin EdenAuteur.ice : Jack LondonEditeur : 10/18Date de parution : 21 mai 2026Genre : Roman Au cinéma ou encore dans la bouche de Nekfeu, Martin Eden n’a plus à prouver son succès. Cette figure emblématique de détermination et d’antagonisme social est à nouveau mise à l’honneur dans cette réédition signée 10/18. Pour s’être...Martin Eden, le héros de Jack London n’a pas pris une ride