La tombe de Robin des Bois menacée par un projet industriel

A la lecture de l’entête de cet article, certains penseront que le 1er avril est arrivé avant l’heure. De fait, comment la tombe d’un personnage fictif peut-elle être menacée de disparition ? En effet, Robin des Bois fait partie intégrante des mythes et légendes de l’Angleterre médiévale. Un personnage de contes ayant traversé les époques grâce à la tradition orale et à la littérature. Et comme toute légende qui se respecte, nombreux sont les villes et les villages à se disputer l’origine du célèbre archer au grand coeur, connu en France grâce au roman d’Alexandre Dumas “Le prince des voleurs”, lui-même inspiré du roman historique de Walter Scott intitulé “Ivanhoé” .

Si sa cachette, la forêt de Sherwood dans le Nottinghamshire, ne fait aucun doute (puisque clairement mentionnée dans les ouvrages), difficile de dire d’où l’homme vient et où il a été enterré tant les versions divergent. Si certaines ballades situent son origine à Nottingham (popularisée par Disney), d’autres la placent plus au nord, dans le Yorkshire. Une seconde hypothèse très plausible puisque son nom, Robin de Locksley, pourrait provenir du nom d’un petit village – Loxley – de la périphérie de Sheffield. Quant à sa tombe, elle se situerait aujourd’hui à l’ancien prieuré cistercien de Kirklees Hall. Lieu aujourd’hui délabré sur lequel est érigée une plaque commémorative en pierre datant du XIIIème siècle, mentionnant clairement le nom de “Robin Heud” en moyen anglais.

Ce lieu perdu au coeur de l’Angleterre est aujourd’hui menacé par un projet industriel de grande envergure. En lieu et place de l’endroit où se planta la dernière flèche tirée par Robin des Bois, pourrait se voir ériger des entrepôts. Une catastrophe touristique pour la région qui accueille des curieux venus des quatre coins de la planète. Robert Bamforth, responsable de la campagne de protection de l’Angleterre rurale, a d’ailleurs souligné l’impact d’un tel changement dans une interview accordée au Telegraph : “Les bureaucrates sacrifient le potentiel touristique de la région. {…} Si vous avez un touriste japonais et que vous lui dites : ‘Robin des Bois est mort ici et a tiré sa flèche sur cet entrepôt’, cela n’a pas tout à fait la même tonalité”.

Matthieu Matthys
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Directeur de publication - responsable cinéma et littérature du Suricate Magazine.