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    La femme au portrait, à la recherche du tableau volé

    Miss X. : le franc-parler d’un vieux détective et le physique d’Elizabeth Taylor. Quand on est une femme avec certains atouts et qu’on exerce le métier d’espion, il faut savoir donner le change. Mais Miss X. n’a pas toujours voulu endosser ce rôle. Celui qu’elle convoitait se trouvait plutôt derrière la caméra : réalisatrice. Sauf que, là encore, sa féminité lui a porté préjudice. Le cinéma n’avait rien d’autre à lui offrir que des rôles de belle écervelée. Alors, Miss X. a monté son affaire, tout en développant une forte intolérance aux fainéants qui manquent de professionnalisme et un penchant marqué pour l’ironie.

    Qu’importe ce que laisse penser son nom, quand Miss X. est appelée sur un tournage, ce n’est heureusement plus pour ses charmes. Ou malheureusement. Le décor de La femme au portrait, prochain navet du réalisateur Ernst Spieler, a été souillé par le sang d’un homme. Très peu d’indices ont été laissés sur la scène de crime, mais une absence est frappante. Il manque le tableau sur lequel pose la prétentieuse et insupportable tête d’affiche. L’actrice au rebut jacasse. On aurait préféré que ce soit elle que le voleur emporte plutôt que sa copie silencieuse. Mais voilà, Miss X. n’a pas le temps de se laisser distraire. Elle a un meurtre à résoudre et un tableau à retrouver. Par bonheur, elle peut compter sur le volontarisme pas complètement désintéressé d’Ernst Spieler.

    Le travail de Nicolas Tellop et Antonio Lapone est manifestement très marqué par l’ambiance des films noirs. Le premier est un amateur de cinéma, tandis que le second puise son inspiration dans le graphisme des années 50. Leur collaboration donne donc, sans surprise, un résultat très stylisé. Et abondant en références, avec le titre pour commencer. Comme pour se rapprocher au mieux de ce que le cinéma permet, les deux auteurs accordent une place importante au mouvement. Des courses-poursuites en taxis ou au-dessus des toits new-yorkais viennent hachurer la page, pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment l’action. La mise en page est vitaminée.

    Mais en piochant dans l’esthétique du Hollywood de l’époque, Nicolas Tellop et Antonio Lapone se reposent parfois un peu trop sur des codes déjà connus. L’inventivité dont font preuve les deux auteurs à l’égard de la mise en page se retrouve un peu moins dans l’arc narratif et le travail graphique. Certaines précisions manquent aussi à la clarté de l’intrigue. L’identité de la victime semble complètement insignifiante, ce qui, dès le départ, dirige notre attention sur le vol du tableau et place le meurtre au second plan. Pendant qu’un meurtrier menace le tournage de La Femme au portrait, le diable, lui, se cache dans les détails. Et certains détails auraient gagné à être mieux soignés dans cette bande dessinée qui reste malgré tout très agréable à la lecture et rend un bel hommage au cinéma de l’époque.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    La femme au portraitScénario : Nicolas TellopDessin : Antonio LaponeÉditeur : DargaudDate de parution : 28 aout 2026Genre : Bande dessinée Miss X. : le franc-parler d’un vieux détective et le physique d’Elizabeth Taylor. Quand on est une femme avec certains atouts et qu’on exerce le métier d’espion,...La femme au portrait, à la recherche du tableau volé