Hind ou la plus belle femme du monde
Auteur : Hoda Barakat
Éditeur : Actes sud
Date de parution : 02 septembre 2026
Genre : Roman
Autrice libanaise traduite dans de nombreuses langues et lauréate de plusieurs prix littéraires, Hoda Barakat, l’un des grands noms de la littérature libanaise contemporaine, nous invite avec son nouveau roman, Hind ou la plus belle femme du monde à explorer la vie des personnes marginalisées tout en évoquant en parallèle le destin de son pays, le Liban.
Hanadi fut brièvement le pâle reflet de la beauté légendaire de sa sœur Hind, précocement disparue. Frappée à l’adolescence par la maladie du gigantisme, elle est rejetée par sa mère qui la confine dans un grenier. Elle parvient à s’en échapper et gagne la France mais ne trouve amour et compassion qu’auprès d’êtres comme elle marginalisés. Accablée par le déracinement et la solitude, elle retourne dans un Beyrouth défiguré par la double explosion du port en 2020, tiraillée par des frontières qui se dérobent entre le beau et le laid, l’ici et l’ailleurs, l’amour maternel et la désaffection.
Si l’objectif du roman est relativement clair aux yeux des lecteurs, à savoir, raconter l’histoire d’une personne marginalisée par sa laideur dans un pays où l’apparence physique prime, et l’utiliser comme métaphore sur le délabrement du pays, l’aggravation des symptômes de l’héroïne faisant écho aux délitement des institutions libanaises et à l’incapacité du pays à faire unité pour trouver des solutions et arrêter cette fuite en avant, la mise en application est parfois laborieuse.
Si l’autrice nous conte de manière admirable la douleur de la protagoniste, et si l’on apprend plus sur son passé au fil des chapitres, cette plongée dans l’intimité d’une malade n’est évidemment pas propice à de grandes envolées lyriques : Hanadi nous raconte ses souffrances quotidiennes mais également ses joies fugaces, ce qui, au bout de 300 pages, devient lassant. Tout est sombre, morne et presque banal, et il faudra beaucoup de courage au lecteur pour s’accrocher jusqu’au bout, sachant que la fin n’apporte aucun dénouement.
Est-ce la traduction qui ne parvient pas à capter le souffle de l’édition originale ? Est-ce ma méconnaissance de l’histoire et de la culture libanaise ? Je ne serais le dire, mais j’ai malheureusement été déçu par la lecture de cet ouvrage qui n’est sans doute pas la bonne porte d’entrée pour s’imprégner de la culture de ce pays.
