Mise en scène, écriture, jeu Massie Mucedda
Du 3 mars au 7 mars 2026
Au Varia et en coproduction avec La Balsamine
Lorsqu’on cherche des synonymes au mot « hybride », on tombe bien vite sur un certain champ lexical : bigarré, imparfait, impur, bâtard, mulâtre, sang-mêlé. À l’inverse, ses antonymes sont inaltéré, intact, immaculé, naturel. Et de cette observation, la certitude que les relents puritains et fascisants du rejet du mélange, quel qu’il soit, sont encore bien présents. Pourtant, tout né de mélanges plus ou moins hétéroclites. C’est cette hybridité qui a permis à l’humanité de grandir et de se diversifier. C’est cette hybridité qui est au cœur du mouvement queer, lui-même au cœur du spectacle Chauv·e.
Chauv·e n’est, en effet, ni du drag, ni du stand-up, ni du témoignage, ni de la chanson. C’est tout à la fois. Et de cette alternance des tons nait l’inattendu, celui qui rend toute chose divertissante à suivre, parce qu’on ne sait pas où on va, sans pour autant être perdu, comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs. On ne sait jamais vraiment, non plus, si le spectacle est porté par Massie Mucedda ou par son alter ego Blanket La Goulue, mais dans tous les cas, c’est par une personne queer, qui a mis longtemps à se trouver et qui assoit qu’être à la croisée des identités est une identité. Et au cœur de ce spectacle, un récit de vie, celui des insultes homophobes et de la popularité qui a suivi, celui de l’entrée dans le monde du drag et de la découverte de qui on est vraiment. Un récit doux et finalement bienveillant envers toustes. Chauv·e est d’une fraicheur plus que bienvenu, c’est un spectacle qui décloisonne et qui invite à tout questionner, à tout observer, à ne rien rejeter, même pas sa calvitie.
