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    Ce que disent les fleurs : Et si on protégeait les arbres ?

    Ce que disent les fleurs et autres textes sur la nature est un recueil de 3 textes écrits par George Sand entre 1840 et 1880. Comme nous l’apprend Kevin Pelladeaud dans sa préface, l’écrivaine s’est mise en retrait après la révolution de 1848 en France. Elle s’est retirée de la vie politique pour aller vivre à Nohant, petite commune française. Les trois textes présentés ici parlent néanmoins de politique, de manière détournée, sous la forme du conte ou à travers un manifeste pour la protection des espaces boisés de Fontainebleau.

    Ce que disent les fleurs, destiné à Aurore Sand, petite-fille de l’autrice, raconte comment celle-ci commence à écouter le vivant qui l’entoure. George Sand prête une langue aux fleurs, avec leur chuintement caractéristique qui leur est propre. Et aussi surprenant que cela puisse être, le pavot et la pensée déçoivent : elles ne font que raconter du mal de la rose. Une mythologie particulière est alors narrée pour conter les origines de cette fleur odorante et multiple, en lui rendant hommage. George Sand imagine donc des mondes merveilleux sous nos pieds pour apprendre à mieux regarder les plantes qui nous entourent. 

    Le texte qui occupe la plus grande partie de Ce que disent les fleurs est l’ “Histoire du véritable Gribouille”. Gribouille, fils de Brigoule et Bredouille, dont il est le septième enfant, est constamment battu par ses parents. C’est alors qu’une aventure extraordinaire va lui tomber dessus alors qu’il sauve M. Bourdon qui l’avait pourtant piqué et à qui il va pardonner ce méfait. Pleine de miel, d’abeilles, de frelons et de fées, cette histoire initiatique et sacrificielle se lit avec un sourire aux lèvres. L’écriture de l’autrice, 150 ans après, fait toujours mouche. Le conte est amusant, Gribouille attachant. Comme pour le texte précédent, les contemporains de Sand pouvaient sans doute comprendre certains éléments inter-textuels relatifs à l’époque, comme les notes en fin d’ouvrage l’expliquent, notamment une scène particulièrement sanglante (qui ne passerait peut-être pas le code de censure de “protection” de la jeunesse de 1949) de massacre entre abeilles, fourmis et frelons (représentant la classe aristocratique, populaire et bourgeoise). 

    Enfin, le troisième court texte, La forêt de Fontainebleau, est peut-être à la fois le plus surprenant et le plus désespérant. Car George Sand emploie des mots pour protéger la forêt de Fontainebleau contre l’industrialisation et la destruction de l’environnement, et ces mots sont semblables à ceux que nous entendons aujourd’hui ou qu’on entendait dans les années 1970, au début du “mouvement écologique”. Sand en vient à imaginer une dystopie infernale où le système de la la propriété privée permettrait de privatiser l’air qu’on respire et les nuages qui passent, interdisant aux pauvres de respirer le “bon” air et de regarder ces masses blanches et grises que sont les nuages. On pourrait se demander si cette dystopie n’est pas déjà la nôtre, quand on sait qu’à Bruxelles, ce sont les quartiers les plus pauvres qui respirent le plus mal (c’est-à-dire qui respirent l’air le plus vicié par les classes les plus riches). 

    Même s’il est compliqué de dire d’une autrice qu’elle était écologique avant l’heure, étant donné l’anachronisme du commentaire, ce recueil trouve un écho auprès du lectorat contemporain, encore plus en pleine canicule. Ce que disent les fleurs, de par sa petite forme, ne comprend pas de biographie de Sand qui permettrait d’en savoir plus sur qui elle était. On peut dire qu’elle n’était pas Henry David Thoreau (dont le livre Walden est sorti en 1854), son contemporain, qui n’avait pas besoin du conte pour se pencher sur la nature environnante et élaborer une pensée politique et philosophique simple et complexe à la fois. On perçoit tout de même, derrière la jolie écriture sophistiquée de Sand, une tendresse pour la nature (les insectes, les plantes) ainsi qu’une envie de transmettre à sa petite-fille et aux enfants ce besoin essentiel de se sentir connecté, non pas au wi-fi et à l’industrialisation destructrice de mondes, mais à l’environnement qui nous protège et nous abrite.

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    Titre : Ce que disent les fleursAuteur : Georges SandÉditeur : RivagesDate de parution : 10 juin 2026Genre : Conte, essai Ce que disent les fleurs et autres textes sur la nature est un recueil de 3 textes écrits par George Sand entre 1840 et 1880. Comme nous l’apprend Kevin...Ce que disent les fleurs : Et si on protégeait les arbres ?