Boyhood de Richard Linklater

boyhood affiche

Boyhood

de Richard Linklater

Drame

Avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke, Lorelei Linklater, Charlie Sexton

Sorti le 16 juillet 2014

Critique :

C’est sur douze années que Boyhood nous rend spectateur de la vie d’une famille, plus particulièrement de l’évolution d’un petit garçon, Mason, glissant vers l’âge adulte.

Entre les déménagements, les déceptions amoureuses, les ballades en vélos et les premiers boutons, nous visitons l’enfance d’un étranger qui nous fera en quelque sorte, revivre la notre.

Prenant les allures d’un documentaire, ce synopsis est pourtant… celui d’une fiction. Le réalisateur Richard Linklater a pris l’euphémique pari risqué, de caster des acteurs pour suivre le court de son propre récit, de 2002 à 2013.

Le réalisateur a toujours eu un rapport singulier avec le temps au cinéma. C’est à lui que l’on doit la trilogie des films : Before Sunrise Before SunsetBefore Midnight, qui se déroulaient tous sur une journée.

Avec Boyhood, Linklater nous propose d’éclipser les ellipses, et de nous immerger dans la vie d’une famille bouleversante.

Ce qui est délicieusement troublant dans ce film, c’est de douter. Douter de sa propre capacité à croire en cette famille, lorsque la mère est interprétée par Patricia Arquette, dont le visage et les expressions n’ont plus de secrets pour personne, lorsque l’on sait déjà du film qu’il relève de la performance de par son innovation. Comment lâcher prise ?

Il faut croire que la précision quotidienne et naturelle avec laquelle les acteurs interprètent leurs personnages et la mise en scène pudique de Linklater suffisent pour que la magie opère. On retrouve avec bonheur le regard espiègle de Ethan Hawke, idéal en père inadapté et inconditionnellement aimant. Patricia Arquette une fois de plus, d’une justesse déconcertante. Et bien sûr, Ellar Coltrane dans le rôle de Mason. Outre le fait de voir passer cet acteur de petit garçon à jeune homme, Ellar Coltrane brille par un jeu simple vrai et touchant.

La constance de l’alchimie au sein de cette équipe est impressionnante. Boyhood fût tourné par courtes périodes tous les étés pendant douze ans, en gardant une cohésion parfaite.

Cet ovni du cinéma nous emporte dans un présent/futur où les situations sont suffisamment ordinaires pour ne pas écœurer, et assez touchantes pour nous garder conquis. La réelle magie de Boyhood, c’est sa volonté de réalisme et de fiction à la fois.

Boyhood, c’est du « vrai » cinéma.

Groucho Marx
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Journaliste du Suricate Magazine