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    Wasteman, un film trop parfait ?

    On dit, en narratologie, qu’un film doit présenter un conflit. C’est-à-dire, une série d’obstacles qui sépare le protagoniste de son objectif. Afin de rendre tout ça le plus efficace possible, on ajoute que le protagoniste en question doit être la pire personne pour résoudre ce conflit, pour qu’il doive faire un véritable choix lors du dénouement du film. Le problème du « choix du pire », c’est que la narration ainsi créée peut parfois être prévisible, non pas sur la fin du long-métrage, mais sur son déroulé. Aussi, quand on a compris où voulait en venir l’auteur on peut prédire que tel ou tel élément est un pay in (ou fusil de Tchekhov) à un futur rebondissement.

    C’est le principal problème du film qui nous intéresse ici, Wasteman. Taylor est en prison depuis une dizaine d’années, il ne fait pas de vagues, travaille à la cantine et coupe les cheveux des détenus en échange de quelques pilules pour lesquelles il n’a jamais réussi à soigner son addiction. Taylor a ce qu’on appelle, un bon comportement. Et il lui arrive ce qui arrive à ceux qui ont un bon comportement, une libération anticipée. Problème, le même jour, ou presque, débarque son nouveau compagnon de cellule, Dee, un dealer qui a décidé de régner sur la prison. Taylor se retrouve alors coincé entre ses allégeances, lui, l’innocent et lâche camé à deux doigts de sortir, pris entre les feux de ses violents fournisseurs voulant l’utiliser pour gagner cette guerre de territoire.

    Qu’on ne s’y trompe pas, l’histoire est des plus prenante. L’ambiance carcérale est anxiogène au possible, la tension palpable à tout moment. La violence à l’écran est si bien gérée qu’elle est crainte en permanence sans sombrer jamais dans le graphique et le difficilement supportable. De ce point de vue là, le film est une pure réussite. Du coup, c’est quoi le problème ?

    Le problème, c’est ce dont on parlait plus haut, cette histoire de pire situation possible. Car elle a été trouvée, mais elle semble tellement parfaite qu’il en découle un aspect artificiel. Tout fonctionne si bien qu’on se retrouve presque à penser « ah bah oui, bien sûr, il est comme si, il est pote avec untel, il renoue avec machin parce que ça va le mettre encore plus dans la merde ».

    Il en ressort un film difficile à lâcher mais que l’on subit tant tout concorde vers une situation qui ne va que de mal en pis. On peut donc lui reprocher une histoire trop monotone, évidemment pas un manque d’action, car on est très loin de s’ennuyer, mais l’absence de ce qu’on appelle communément la narration en dent de scie. C’est-à-dire l’alternance entre le positif et le négatif. Ici, tout va toujours dans le même sens, celui du piège qui se referme sur un personnage qui est le pire pour régler son problème. Et très vite, on n’en vient plus qu’à attendre la résolution, un genre d’impatience à comprendre comment il va oui ou non parvenir à se sortir de là. Ce qui est dommage tant la beauté d’un film se trouve bien souvent sur le chemin qui mène le héros à son objectif, et comment cet objectif va changer en fonction dudit chemin, plutôt que sur la sujet de la réussite ou de l’échec de l’objectif en question.

    Alan Santi
    Alan Santi
    Journaliste cinéma et théâtre / Responsable jeux de société

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    WastemanRéalisateur : Cal McMauGenre : ThrillerActeurs et actrices : Tom Blyth, David Jonsson, Neil LinpowNationalité : Grande-BretagneDate de sortie : 3 juin 2026 On dit, en narratologie, qu’un film doit présenter un conflit. C’est-à-dire, une série d’obstacles qui sépare le protagoniste de son objectif. Afin...Wasteman, un film trop parfait ?