
Vitrival, le plus beau village du monde
Réalisateur-trices : Noëlle Bastin et Baptiste Bogaert
Genre : Comédie dramatique
Acteurs et actrices : Pierre Bastin, Benjamin Lambillotte
Nationalité : Belgique
Date de sortie : 26 novembre 2025
Dans un village situé dans le sud de la Belgique, du nom de Vitrival, vit une communauté confrontée à une période étrange au milieu de sa routine. Ici et là, dans la ville, apparaissent des graffitis de pénis. Grands et colorés, ils décorent les murs des maisons et les portes de l’église. Dans le même temps, des habitants du village commettent des suicides. D’abord 1, puis 2, puis 3… Benjamin et Pierre, deux des policiers de la ville, sont sur les deux affaires en même temps. Sauf que, comme tout le monde se connaît, que tout le monde est lié, que pour les habitants du village nos policiers sont « Benja » et « Petit Pierre », les enquêtes se retrouvent régulièrement reléguées au second plan.
Vitrival, le plus beau village du monde est un film extrêmement réaliste. C’est impossible, en le regardant, de ne pas reconnaître quelqu’un, de ne pas revivre une situation ou d’entendre une expression qui sonne juste à nos oreilles. Dans un premier temps, le film est extrêmement attendrissant, presque confortable. Il prend son temps pour nous installer, il nous présente les membres de la famille des policiers, qui composent 55 % des habitants du village. Les dialogues sont naturels et spontanés. Par conséquent, on rigole franchement, parce que c’est une réplique bien placée. On est bien, dans un premier temps. La vie du village avance : on prépare les célébrations, on récolte de l’argent, on voit les maisons se construire, on entend les voisins se disputer. On fait partie de Vitrival et, pendant un moment, oui, Vitrival est le plus beau village du monde.
Cependant, au bout d’une heure de film, une certaine impatience s’installe. On nous a présenté une intrigue, mais celle-ci patauge — pour ne pas dire qu’elle disparaît presque par moments. Nos deux policiers, qui tentent de mener l’enquête, se retrouvent vite noyés dans le désordre du quotidien. Le temps passe rapidement et il devient quasiment impossible à rattraper. Il y a un certain désœuvrement chez les personnages, surtout chez les policiers, qui se sentent vite dépassés par la situation. Et plutôt que de l’affronter de front, ils laissent le temps et la communauté agir. Entre le watch-group du troisième âge et le frère pseudo-psychologue de Petit Pierre, tout le monde met la main à la pâte pour comprendre ce qui se passe à Vitrival.
Pourtant, le réalisme du film ne rend pas service à l’intrigue. Une nonchalance face à la situation du village peut inquiéter le spectateur, qui se demande ce qu’il se passe exactement et quel est le but du récit. Vitrival n’est pas un documentaire, mais bien un film de fiction avec beaucoup de réalisme. Peut-être aurait-il fallu faire un choix entre le réalisme et la fiction ? Les deux ne s’aidant pas vraiment dans ce cas-ci.
