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    Une nouvelle saison nomade pour le Labo-Chantier Variétés


    Dans l’attente de l’ouverture du Théâtre des Variétés prévue pour 2027, Bruxelles Laïque amorce dès à présent sa mission : mobiliser les publics autour des défis majeurs de notre époque. Le Labo-Chantier Variétés propose ainsi une série de soirées thématiques mêlant débats, projections documentaires, spectacles, concerts, et formats innovants tels que des rencontres improbables ou des conférences musicales. En rassemblant artistes, académiques et publics, le Labo-Chantier Variétés vise également à créer une programmation participative pour le futur Théâtre des Variétés, qui deviendra dès 2027 un espace de création et de réflexion, un laboratoire citoyen, dédié aux enjeux de société.

    En 2026, le Labo-Chantier Variétés entre dans une nouvelle saison de recherche et de création, à la croisée de l’art, du débat public et de l’expérimentation sociale. Ce programme itinérant, conçu par Bruxelles Laïque, poursuit l’ambition de faire du futur Théâtre des Variétés un laboratoire vivant de pensée et d’émancipation, un lieu de décloisonnement, de surprise et de co-construction des savoirs et des récits.

    La programmation

    Assemblées sauvages le 24/01 aux Halles de Schaerbeek : Les mots « démocratie participative » ont été tellement vidés de leur sens qu’ils sonnent parfois comme une mauvaise promesse électorale. Et pourtant… Sur les places, dans les quartiers, dans les collectifs qui n’ont rien à perdre, on réinvente : prises de parole tournantes, budgets citoyens, luttes locales et rêves d’assemblées populaires. Assemblées sauvages, c’est une tentative de documenter et de célébrer ce qui bouge vraiment : là où les voix ne sont pas lissées, là où les formes de gouvernance se bricolent entre urgence et utopie.

    Violence (il)légitime, du 27/02 au 01/03 à La Vallée : Il y a les violences qu’on condamne, et celles qu’on justifie.  Les matraques de la police, les gestes d’autodéfense, les cadences en usine, les pressions diverses normalisées ou en passe de l’être… Quand la violence devient-elle acceptable ? Qui décide ? Qui encaisse ? Nos corps, eux, n’ont pas le luxe de l’abstraction. Ils luttent face aux virus, aux addictions, aux injonctions, aux publicités qui assènent… Ils deviennent champs de bataille, entre fantasmes de performance et rêves d’émancipation. La force n’est pas toujours où on l’attend. Violences (il)légitimes, c’est un cycle qui mêle arts de combat et droits fondamentaux, boxe et justice sociale, théâtre et rapports de force.

    Rêver debout du 13/03 au 15/03 à l’Espace Magh : Et si le repos était politique ? Dans une époque sous pression, où nos nuits sont rongées par des deadlines et des to-do lists mentales, il devient urgent de reposer la question du repos. Rêver debout, ce n’est pas un plaidoyer pour dormir plus. C’est une tentative de réhabiliter ce qui échappe au capitalisme de l’attention : l’oisiveté, la rêverie, le sommeil profond, les instants d’absence. C’est un appel à désobéir doucement, à ralentir franchement, à se mettre en veille pour mieux rallumer nos imaginaires.

    Zones d’ombre / Zones de soin, les 18 et 19 avril au Recyclart à Molenbeek : Notre société décline la pensée punitive et son extension – l’enfermement – comme la réponse à ses différences et à ses interdits.  Elle brandit la privation de liberté face à tout profil qu’elle identifie comme menaçant : la prison pour les personnes tombant sous le code pénal, les IPPJ pour la jeunesse, les migrants en centre fermés, et même – parfois – l’asile pour les âmes marginales. Zones d’ombre / Zones de soin part de là. D’un refus lucide de considérer les différentes formes de réclusion comme de simples marges. Les IPPJ et les centres fermés sont des prisons et il est essentiel de les nommer comme tels. Que ces lieux soient justifiés par différents canaux n’empêchent pas qu’ils relèvent des mêmes logiques de gestion des marges et des mêmes conditions matérielles pour celles et ceux qui y sont contraints.

    Entre les lignes, les 23 et 24 mai au TrainWorld : Plutôt que de dire le réel, les cartes le dessinent, le découpent, le sélectionnent. Derrière chaque ligne, chaque nom de rue, chaque frontière : un pouvoir s’exerce. Classer un territoire, c’est déjà décider qui compte, qui reste, qui disparaît. En cela, les cartes ne sont jamais neutres. Elles cadrent le monde depuis un point de vue. Elles légitiment des présences et effacent des vécus. Occultant que le territoire est aussi une histoire, une mémoire, une émotion. Ce que les cartes urbaines appellent « zones », « quartiers prioritaires », « secteurs à rénover » – nous voulons les penser autrement. Car dans les interstices du pouvoir cartographique, il y a des vies. Ce programme ne s’intéresse pas seulement à la géographie. Il explore les façons de représenter l’espace – et de s’en émanciper. De GeoGuessr aux cartes féministes, des sentiers interdits aux archives sonores, des territoires racontés par les institutions à ceux racontés par les corps…

    Et si c’était mieux demain ? Les 19 et 20 juin au Théâtre de Poche : Dans un monde qui frôle le désenchantement, l’utopie s’apparente à un refuge pour la santé mentale. Un espace vital de respiration pour repenser la société. Non pour travestir ses dangers, mais pour refuser qu’ils occupent tout l’espace dans l’imaginaire et la projection du futur. Entre le bouleversement climatique, le fascisme, le burn-out, l’émergence de IA, redonner la place à une humanité rêvée et lui donner les moyens fous de se concrétiser par le récit. Parce que relever le menton est un devoir modélisant pour les jeunes générations. Que l’espoir soit presque un yoga du cœur quand l’horizon bouchée, nous pousserait à courber l’échine. 

    Informations pratiques

    Toutes les activités du Labo-Chantier Variétés sont gratuites. 
    Site web : www.le-varietes.be

    Loïc Smars
    Loïc Smarshttp://www.lesuricate.org
    Fondateur, rédacteur en chef et responsable scènes du Suricate Magazine

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