Titre : Tuer le vieux
Auteur : Daria Marx
Éditeur : Flammarion
Date de parution : 19 août 2026
Genre : Roman
Tuer le vieux est le premier roman de Daria Marx, mais cela ne signifie pas qu’elle débute dans le domaine de l’écriture. Elle a participé à de nombreux projets dont Fruits de la colère et Vulgaire, qui décide ? et a également publié Dix questions sur la grossophobie, contre laquelle elle milite activement. Elle est d’ailleurs l’une des fondatrices de l’association Gras Politique et sensibilise à la grossophobie au sein de nombreuses structures telles que les écoles, les entreprises, … Avec Tuer le vieux, elle écrit sur l’inceste, la mort et les souffrances invisibles.
Elle pourrait être nous
Elle n’a pas de nom, mais elle a un passé dans lequel se trouve l’origine de sa souffrance. Tout a commencé avec le vieux, le père de son père. L’un des adultes censés la protéger, l’aider à grandir et s’épanouir, et pourtant il l’a trahie. Le vieux l’a agressée sexuellement durant les vacances, pendant des années. Elle a parlé, elle a tenté d’expliquer, mais les regards se sont tournés, le sujet a été évité. Elle a compensé comme elle le pouvait, elle a essayé d’oublier, elle s’est mise en danger, elle a mangé.
Et la voilà 10 ans plus tard avec une colère qui monte, qui gronde et s’apprête à tout ratisser sur son passage lorsque son rendez-vous de dépôt de plainte est annulé par manque d’effectifs.
Comment accepter l’injonction de la société lui intimant d’aller de l’avant alors qu’elle pourrit de l’intérieur et que lui n’est pas et n’a jamais été inquiété ? Elle prend une décision. Si personne ne l’écoute, si personne n’agit, elle va le faire elle-même. Et tuer le vieux.
Un voyage qui s’accompagnera d’une profonde introspection sur les conséquences des actes dont elle a été victime.
Un premier roman qui marque
La première chose qui interpelle dans Tuer le vieux, c’est l’écriture de Daria Marx. Franche et directe, elle n’enrobe pas l’horreur. Et c’est d’autant plus adapté au sujet de l’inceste, qui ne supporte aucun édulcorant, et à un livre relativement court qui revêt dès lors un caractère percutant.
L’autrice voyage dans son récit en passant par la gestion du trauma, le déni, le dépassement des limites, la violence, la colère face à l’absence de réactions, pour en arriver à l’envie d’exploser. Et elle le fait au travers d’une protagoniste sans nom qui est avant tout un être humain, comme chacun d’entre nous. Un être blessé qui ressent des choses, comme chacun d’entre nous : la souffrance, la colère, l’injustice. Un être blessé qui continue d’avancer comme il le peut, comme chacun d’entre nous. Comme si finalement ce livre à propos d’une petite fille abusée était le reflet des histoires de tous les êtres humains.
Si les thèmes abordés dans ce premier roman peuvent effrayer – un livre qui parle de l’inceste, de la mort, des souffrances invisibles et invisibilisées, ça peut sembler sombre – le lecteur a tout intérêt à dépasser ce premier abord et se plonger dans cette histoire qui pousse à l’empathie grâce à la justesse des émotions qui sont transmises au travers des mots de Daria Marx.
Tuer le vieux est un court roman de 160 pages qui s’avère bien plus qu’utile pour commencer à comprendre les souffrances humaines intérieures grâce à la sincérité de son écriture.
