This Is Us : des personnages terriblement attachants pour une série qui nous fait grandir

This Is Us
(Saison 1 à 4)
de Dan Fogelman
Drame
Avec Milo Ventimiglia, Mandy Moore, Sterling K. Brown, Chrissy Metz et Justin Hartley

La série This Is Us nous fait voyager à l’échelle d’une vie et nous connecte tant à notre enfance qu’à nos défis actuels par le biais de ses personnages tellement attachants. Les acteurs et scénaristes nous tiennent en haleine pour tout comprendre de la vie des deux parents, Jack et Rebecca, et de leurs enfants Kevin, Kate et Randall. Les scènes du passé se mêlent à des scènes sur la vie actuelle des deux jumeaux et de leur frère adoptif afro-américain devenus trentenaires. La quatrième saison vient de sortir sur Amazon Prime et une cinquième est en préparation.

La série This Is Us, disponible en anglais sur Amazon Prime et en français en Belgique sur RTL-TVI et BeTV, retrace la vie d’une famille américaine des années 80 à nos jours, avec un délicieux côté régressif. Tout commence par une curieuse coïncidence : trois enfants nés le même jour que leur père, Jack, le personnage central interprété par Milo Ventimiglia. Tout juste revenu de la guerre au Vietnam après avoir grandi avec un père maltraitant, Jack est bien décidé à construire une vie de famille idéale auprès de sa femme et de ses triplés.

Qui aurait cru que la vie familiale aurait pu nous rendre accro ? Car c’est effectivement ce qui se passe avec This Is Us et ses aller-retours dans la vie des cinq personnages principaux et dans les relations qui se nouent entre parents et enfants, entre frères et sœurs ou encore avec les « pièces rapportées ». On cherche toujours la pièce manquante du puzzle pour les comprendre.

Les grands enjeux de la vie des parents comme de celle de leurs enfants, qui couvrent une large palette, sont décortiqués, ce qui donne une force incroyable à cette série. This Is Us nous fait vibrer en projetant les émotions liées à l’adoption, à la jalousie, au deuil, au poids, au handicap, au statut social, ainsi bien sûr qu’à l’influence de la vie de famille sur qui on devient. Tout ceci sans oublier une problématique clé de la vie de famille : le partage des tâches et l’équilibre dans le couple. Chacun peut s’identifier à certains traits et défis de ces personnages, ce qui les rend très attachants. La série et ses acteurs ont gagné de nombreux prix (Emmy, Gloden globes) et Oprah Winfrey est connue pour en être fan.

Le personnage de Randall Pearson, interprété tout en authenticité et nuances en tant qu’adulte par Sterling K. Brown, donne une profondeur particulière à cette série, en lui permettant d’explorer la quête de l’identité afro-américaine dans le contexte d’une adoption interraciale. Par ses filles et notamment Tess, on entrevoit la jeunesse actuelle et une autre quête : la révélation et l’acceptation par soi-même et par son entourage de son homosexualité. Avec sa femme afro-américaine (la jolie et pétillante Beth, jouée par Susan Kelechi Watson), ils forment un couple modèle et fort, qui fait écho au couple de ses parents et joue un rôle fédérateur dans la dynamique familiale.

Son frère et sa sœur, plus fragiles, ont des vies moins linéaires. Kevin doit échapper à son narcissisme, addiction et insécurité, et Kate apprendre à tirer un trait sur le passé et oser s’aimer, avec pour ces deux-là une connexion gémellaire rarement dépeinte à l’écran et des interactions entre leur apparence et leur vécu.

Mandy Moore, dans le personnage de la mère Rebecca, avec son équipe de maquillage, réalise une vraie performance en évoluant de la vingtaine à la vieillesse (grâce à trois heures de maquillage) et apporte douceur et beauté à l’ensemble. Elle couvre le plus grand spectre temporel, alors que les autres personnages sont joués par plusieurs acteurs à différents moments de leur vie. D’ailleurs, la performance des acteurs enfants et adolescents est également à saluer.

Le créateur de la série, Dan Fogelman, a voulu montrer toute la richesse et la complexité de la vie actuelle dans This Is Us. Dans une interview, il fait part de sa conviction que « toute vie, décortiquée, est spectaculaire et cinématique et c’est pour cette raison qu’il aime raconter les vies ordinaires, plutôt que de créer des super-héros ». On en redemande.

A propos Myriam Watson 48 Articles
Journaliste du Suricate Magazine