Titre : The Love Haters
Auteur.ice : Katherine Center
Editeur : Hauteville
Date de parution : 01 juillet 2026
Genre du livre : Roman
Katherine Center, autrice américaine reconnue, nous propose avec The Love Haters une histoire loufoque, mais surtout très tendre, sur l’amour que l’on attend. Celui qu’un autre nous offre mais aussi de celui qu’on n’arrive pas toujours à s’accorder à soi-même.
Katie Vaughn est cinéaste. Elle aime son travail, qui lui a permis jusqu’ici de survivre à une rupture assez médiatisée avec une étoile montante de la musique. Ils se connaissaient bien avant le succès, avant les tapis rouges et avant les multiples commentaires désobligeants sur son physique, sa coiffure, sa manière de se tenir… sur tout, en réalité. L’estime de soi n’a jamais réellement fait partie de la palette d’outils avec lesquels Katie se soit armée dans la vie. Son image d’elle-même est déplorable et, plutôt que de s’appesantir sur des choses qu’elle considère comme immuables, comme la taille de ce fessier, elle préfère se concentrer sur ce qu’elle sait faire de mieux : filmer les gens et faire ressortir le meilleur d’eux-mêmes.
Mais le récent échec du mariage de sa patronne, Sullivan, la place sur la sellette et pratiquement en pole position du « C’est toi qui sautes à la prochaine restructuration ». Heureusement, son collègue Cole l’a à la bonne et lui propose le deal d’une vie : réaliser un documentaire avec les garde-côtes, avec en prime un focus consacré à l’homme qui a récemment fait la une de tous les journaux pour avoir sauvé de la noyade le chien de Jennifer Aniston.
Avec un tel sujet, Katie peut sauver sa carrière, mieux encore, sécuriser son emploi et passer, aux yeux de sa patronne, pour la nouvelle étoile montante de sa boîte. C’est donc débordante d’espoir qu’elle décide de partir à la rencontre des garde-côtes et de leur héros charismatique, Hutch. Un homme grand, musclé, serviable, prêt à sauter d’un hélicoptère en plein milieu du Pacifique pour sauver des âmes perdues dans l’océan. Il a évidemment tout pour lui plaire. Mais Katie a oublié un détail. Un menu détail : l’amour n’est pas au programme de sa vie.
Coquillages et crustacés
Dans cet ouvrage, Katherine Center nous régale avec les ingrédients de la rom-com que l’on aime tant. Tout le monde se souvient du fameux « On ne laisse pas Bébé dans un coin ». L’homme beau et fort, à l’âme un peu amochée, ça fonctionne toujours. C’est d’ailleurs l’une des meilleures motivations pour ouvrir une romance.
Mais au-delà de cet argument massif de séduction, il y a des éléments beaucoup plus intéressants dans cette romance et qui méritent que l’on s’y attarde. L’un des sujets les plus intéressants soulevés dans cet ouvrage concerne notamment la dysmorphophobie et les troubles alimentaires, des problématiques qui peuvent profondément marquer le rapport que l’on entretient avec son propre corps. Katie a vécu sous le joug d’une belle-mère qui lui a répété, chaque jour de sa vie, que ce qu’elle était n’était jamais assez. Pas assez belle, pas assez classe, pas assez maigre, pas assez… tout.
Ce bagage qu’elle traîne au pied comme un boulet de misère, elle le porte chaque jour et ne fait que nourrir encore et toujours une estime d’elle-même défaillante. Une estime qui, justement, permet de s’équilibrer, de s’unifier et de définir ses propres limites. En ce sens, Katie va véritablement incarner cette transition essentielle qui consiste à passer du stade de l’adolescente à celui de la femme. Une transition qui suppose une capacité fondamentale : apprendre à s’assumer exactement telle que l’on est et, surtout, à s’aimer davantage pour cela.
Ce sujet est traité avec humour, second degré et un certain degré d’originalité que l’on retrouve dans l’écriture de l’autrice. C’est un peu comme si Katherine Center nous parlait sans fioritures, sans ambages, de l’ensemble des états d’âme de ses personnages, avec une interpellation volontaire du lecteur qui renforce souvent la projection dans les personnages et dans le récit. Ici, c’est un peu comme si une amie nous envoyait un vocal pour nous raconter ses déboires et ses aventures. Cela peut plaire, comme cela pourra peut-être déplaire aux lectrices qui préfèrent un langage plus littéraire, plus travaillé ou plus poétique. Heureusement, en romance comme en littérature, c’est la diversité qui fait la richesse.
The Love Haters pourra donc parfaitement convenir à celles et ceux qui veulent rendre leurs futures soirées d’hiver un peu moins moroses, ou simplement à celles et ceux qui ont envie d’une comédie romantique drôle, un peu perchée, toujours romantique et infiniment positive.
