Tant que fleuriront les citronniers
Auteur : Zoulfa Katouh
Éditeur : 10/18
Date de parution : 16 avril 2026
Genre : Roman
Des vagues migratoires, comme beaucoup d’autres phénomènes de société d’ailleurs, on ne voit souvent que les grandes tendances, le nombre de déplacés, le nombre de victimes, mais, à moins d’être particulièrement impliqué dans la thématique, on oublie souvent les cas individuels que cachent ces statistiques obscures. En écrivant Tant que fleuriront les citronniers, Zoulfa Katouh, autrice canadienne aux racine syriennes nous montre l’envers du décor, la souffrance endurée par deux jeunes protagonistes pour faire vivre les idéaux de la révolution, en Syrie ou ailleurs.
Salama Kassab, 18 ans, avait la vie devant elle, quand la révolution a commencé en Syrie et quand les combats lui ont tout pris : sa famille, son avenir de pharmacienne. Il ne lui reste plus que Layla, sa belle-sœur enceinte, et sa conviction de pouvoir aider son pays grâce à son travail bénévole à l’hôpital. Mais elle est tiraillée entre l’envie de se rendre utile, et celle de mettre Layla à l’abri. Au moment où elle se résigne finalement à fuir la Syrie, une rencontre avec un jeune militant plein d’espoir va tout remettre en cause.
La force du récit est de nous rendre les personnages empathiques. Alors que depuis plusieurs années, même si l’élan de sympathie initiale pour les réfugiés syriens fut grand, la lassitude quant à leur présence s’est installée et qu’une partie de l’opinion publique, poussée par les discours nauséabonds de l’extrême-droite voudrait les renvoyer chez eux, le livre de Zoulfa Katouh les humanise. Ce ne sont plus des marées humaines désespérées qui par leur simple présence causeraient la faillite de l’Europe, mais des jeunes gens courageux et travailleurs, aux rêves et aspirations similaires aux nôtres Ils rêvent d’une Syrie libre et démocratique et se battent au péril de leur vie pour atteindre ce rêve.
Outre le sujet qui nous a passionné, il faut signaler le style fluide et prenant de l’autrice qui transforme cet ouvrage en récit haletant que l’on ne peut lâcher avant la dernière page. Même si elle prend le cas spécifique de la révolution syrienne, l’autrice réussit le pari d’humaniser des populations que l’on avait transformé en statistique. Pour cette raison et pour les qualités d’écriture de cette œuvre, nous ne pouvons que chaudement vous la recommander.
