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    Superman, la force du soleil jaune ne nous offre aucun relief

    James Gunn relance la franchise Superman avec une promesse : humaniser le plus mythique des super-héros. Si l’intention est louable, le résultat laisse une impression ambivalente entre profondeur esquissée et bienveillance trop sage.

    L’aube d’un nouveau mythe

    Le début d’un cycle attendu avec impatience : en mode reboot, le nouveau Superman. James Gunn nous livre sa vision du mythique Kal-El. Sans aucun doute le super-héros le plus connu au monde, le premier de tous pour sûr (première parution chez DC Comics en 1938), le plus fort ou presque — tout dépend du contexte narratif — et le plus humain, étrangement, sachant qu’il nous vient de Krypton, à des années-lumière de la Terre.

    Un héros brisé mais jamais seul

    Le réalisateur, devenu co-PDG des studios DC, décide d’axer son premier film DC sur l’humanité de son héros. L’humanité tournée vers la bonté, l’empathie, la tendresse, la faiblesse… Cette dernière nous est exposée au grand jour dès le début : l’homme invincible souffre, effondré dans la neige polaire non loin de son refuge, il crache du sang. Un héros vulnérable, oui, mais accompagné. Heureusement, le plus fidèle ami de l’Homme vient le secourir : jouant, sautant, léchant — oui, car les chiens venus de l’espace sont tout autant chiens que nos chiens terrestres — Krypto vient le tirer d’une très mauvaise passe.

    Lex Luthor et la politique d’opérette

    Alors son plus grand rival, Lex Luthor, reconnaissable entre mille par sa coiffure miroitante, tient presque le monde dans le creux de sa main. Le seul obstacle est ce bon vieux Superman. Ici, le film touche presque un propos qui saurait intéresser les plus de seize ans. Malheureusement, il se trouve que le fond n’est pas profond. Le propos — si Gunn avait su le faire exister, non pas que dans la forme — aurait nourri la narration. Et la politique du pouvoir, le pouvoir de la politique, auraient eu un impact certain, mais la recherche effleure à peine le discours. Un pitch classico-classique : un dirigeant, disons atypique, d’un pays de l’Est fait alliance avec Luthor, pour une surprise. Notre héros entre en conflit avec un gouvernement lui-même contrôlé par un être machiavélique, richissime et de notoriété publique. Tout cela n’est malheureusement qu’un survol : « C’est un oiseau ! C’est un avion ! Mais non… c’est Superman ! » Un effleurement qui ne nourrit pas le propos journalistique du film.

    Le journalisme, potentiel sous-exploité

    Car ne l’oublions pas : Kent est journaliste, et ses acolytes le sont aussi. Des journalistes d’investigation qui auraient pu donner une gravité et une maturité intéressantes à ce Superman. Il faut tout de même reconnaître que c’est toujours un plaisir de voir Clark Kent arriver au Daily Planet, passer incognito grâce à une mèche de cheveux et une paire de lunettes. Son rôle de journaliste au sourire en coin, dans l’effervescence d’un journal nous happe dans une ambiance particulière et nous souffle de l’encre aux yeux. Mais là encore, on tombe rapidement dans une comédie romantique à laquelle il est difficile de croire. L’histoire en devient fleur bleue, et sans rien apporter à l’intrigue, elle vient plomber le film, qui ressemble déjà à une dentition adolescente des années nonante.

    Superman, trop bon pour ce monde

    Oui, Kent est un gentil. Oui, Superman n’est que bonté. Et encore oui, Kal-El est bien trop humain dans une société qui ne s’accorde que sur le vice. Gunn a d’ailleurs éclairci la situation, par rapport à sa vision, d’un merveilleux « fuck off » bien américain à ceux qui ne souhaiteraient pas comprendre que Superman est la bienveillance dans un monde de brutes. Comment ne pas être d’accord avec le co-PDG ? Nous avons besoin de bonté dans un monde qui part en vrille. Et Gunn fait le pari du renouveau dans une franchise poncée depuis des dizaines d’années. Il veut nous apporter de l’espoir et de la lumière, mais n’offre qu’un film sans reflet. Rendons à Gunn ce qui lui appartient : il fait table rase du passé, esthétiquement, conceptuellement, et il l’annonce, le schéma narratif de toute la franchise DC va changer. Par ce chavirement, il tente à la fois de s’imposer chez DC mais tout autant d’harponner les nouvelles générations, public cible de l’ère James Gunn.

    Alors le pari est-il réussi ? Pas tout à fait. Car à trop lisser son héros, on en atténue le relief. Quand la bienveillance vire à la mièvrerie, le mythe perd en puissance.

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    SupermanRéalisateur : James GunnGenre : Action, Aventure, Science-FictionActeurs et actrices : David Corenswet, Rachel Brosnahan, Nathan FillionNationalité : USADate de sortie : 9 juillet 2025 James Gunn relance la franchise Superman avec une promesse : humaniser le plus mythique des super-héros. Si l’intention est louable, le...Superman, la force du soleil jaune ne nous offre aucun relief