Sunset, exigeant mais intéressant

Sunset
de Laszlo Nemes
Drame historique
Avec Juli Jakab, Vlad Ivanov, Evelin Dobos, Marcin Czarnik
Sortie le 15 mai 2019

Découvert il y a quatre ans avec Le fils de Saul, Grand prix du Festival de Cannes en 2015 et Oscar du meilleur film étranger en 2016, le réalisateur hongrois Laszlo Nemes nous revient avec Sunset, une plongée dans le Budapest du début de siècle. En suivant le parcours d’une jeune femme courageuse et combative, il nous fait découvrir un monde violent que la moindre étincelle pourrait faire basculer, une société patriarcale, sophistiquée sur le plan des arts mais archaïque sur le plan des mœurs, au bord de l’implosion avant de basculer dans la folie de la grande guerre.

Budapest, 1913. Irisz Leiter revient dans sa ville natale après avoir été envoyée en apprentissage à Trieste suite à la mort tragique de ses parents. Elle espère travailler comme modiste dans la célèbre chapellerie « Leiter », fondée par sa famille. Mais très rapidement, on lui fait comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue et le nouveau propriétaire des lieux la pousse à repartir. Apprenant qu’elle a un frère, elle décide de rester à Budapest et de partir à la recherche de ses origines.

Sunset est un film qui épouse les codes de l’époque qu’il décrit, une époque de grande sophistication et de grand raffinement, mais aussi de non-dits et de règles tacites. Contrairement à d’autres réalisateurs, Lazlo Nemes ne prend pas le spectateur par la main pour l’amener là où il veut, mais laisse plutôt le public tirer sa propre conclusion grâce à l’atmosphère générale du film, à la parcimonie des dialogues et à une succession de plans méticuleusement choisis. Le rythme du film est assez lent, mais souligne encore une fois la pesanteur de cette société au bord de l’implosion. De plus, le choix de conter les événements uniquement à travers les yeux d’Irisz ajoute encore au caractère oppressant de celui-ci, même si cela pourrait fatiguer certains spectateurs.

Sunset est un film intéressant mais qui se mérite, loin des œuvres prémâchées servies habituellement au cinéma. Il demande de nombreux efforts aux spectateurs qui pourraient dès lors se lasser ou se perdre en chemin. A conseiller donc aux personnes patientes et curieuses, qui ne seront pas rebutées par le manque d’indices laissés par le réalisateur pour nous faire comprendre son propos.

Vincent Penninckx
A propos Vincent Penninckx 76 Articles
Journaliste du Suricate Magazine