
Souviens-toi… l’été dernier
Réalisatrice : Jennifer Kaytin Robinson
Genre : Epouvante-horreur, Thriller
Acteurs et actrices : Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King
Nationalité : USA
Date de sortie : 16 juillet 2025
27 ans après la sortie du tout premier Souviens-toi… l’été dernier, slasher culte dans la veine de Scream, Jennifer Kaytin Robinson signe une suite tardive qui tente de raviver la flamme d’une saga que l’on pensait définitivement rangée au placard. Mélange de nostalgie assumée et de mise à jour contemporaine, ce nouvel opus joue avec les codes pour mieux les revendiquer. Mais peut-on encore faire peur avec les mêmes ficelles ?
On reprend la même recette : un groupe de jeunes un peu trop insouciants, une virée nocturne du 4 juillet qui vire au drame, une promesse de silence et un mystérieux vengeur armé d’un crochet qui revient hanter les consciences un an plus tard.
Là où le film est bon, c’est dans son jeu de passerelle avec le passé : retour de Julie (Jennifer Love Hewitt) et Ray (Freddie Prinze Jr.), clins d’œil appuyés aux deux premiers volets, structure narrative miroir du film original… C’est un hommage total, presque scolaire, mais qui assume son fan service. Ce lien générationnel est l’un des rares vrais ajouts du film : on ne suit plus juste des ados traqués, mais des adultes qui reviennent sur leurs propres traumatismes pour aider les nouveaux à y survivre.
Mais si cette suite remplit le cahier des charges du slasher old-school, elle pose aussi une question plus large : que reste-t-il de ce genre dans un monde saturé de tels récits? Le slasher a toujours fonctionné sur des règles simples, mais suffisent-elles encore à surprendre ? Si la structure narrative reste on ne peut plus balisée, la mise en scène s’autorise quelques trouvailles : une scène de bain, avec le personnage principal en pleine séance de méditation, bruit du monde coupé par des écouteurs dernier cri, pendant que son fiancé se fait massacrer au rez-de-chaussée. Voilà un contraste efficace entre zénitude post-moderne et violence brute.
Le film flirte avec la parodie, sans jamais complètement y basculer et glisse parfois quelques lignes de dialogue très actuelles, presque trop : lorsqu’un personnage lâche une remarque qui semble sortie tout droit de Twitter, on sort brièvement du film. Ce vernis de conscience contemporaine amuse, mais casse par moments l’immersion.
Verdict ? Cette suite n’était sans doute pas indispensable, mais elle amuse par ses clins d’œil et rassure par sa familiarité. Un slasher pop, plus commémoratif que subversif. Et c’est peut-être ça, la vraie modernité du slasher aujourd’hui : savoir qu’on est un remake et s’amuser avec les spécificités du genre.
